‹ Traitement de la syphilisChapitre 60 sur 92 · Le hioxyde de mercure · texte numérisé non relu

Le hioxyde de mercure

5* Le sulfure noir de mercure.

6° V acétate de mercure, base d'une préparation très cëlèl^re, lancée au siècle dernier par un charlatan allemand, Reiser, sous le nom de dragées de Keiser. — C'est sans doute aux frais de ce Keiser que, comme panégyrique dudit remède, Linguet écrivit sa spirituelle « Cacoraonade »S sorte d'épilogue au « Candide » de Voltaire.

f Le cyanure de mercure, vanté par Parent-

Duchâtelet.

8° Divers sels mercuriels, qui n'ont eu qu'un moment de vogue : protonitrate, prototartrate, sous-phosphate, turbilh, manganate, etc.

Plus récemment, quelques autres préparations ont été introduites dans la thérapeutique de la syphilis. Citons notamment les trois suivantes :

1° Le peptonate de mercure, préconisé surtout par Martineau. — On lui reproche de n'être pas, chimiquement, un composé défini. « On peut bien réaliser des composés peptoniques tenant en dissolution du mercure -, mais la proportion de ce métal est essentiellement variable dans ces composes suivant le mode de préparation. De sorte que le peptonate d'un pharmacien n'est pas celui d'un autre; et même celui d'un pharmacien ne sei^ pas toujours identique à lui-même » (P. Pouchet) .

, La Cacomonade, Hlsloire politique et morale Cologne, 1766. 1: L^peptoue hydrargyrlque ammonique s'admimstre en pilules.

MÉTHODE PXn INGESTION.

2° Le tannate de mercure. — On l'a présenté, suivant l'usage, comme « la meilleure des préparations mercurielles » ; car, « d'une part, a-t-on dit, il serait exempt de tous les accidents (troubles digestifs, stomatite, etc.) auxquels donnent lieu les autres sels mercuriels; et, d'autre part, il ferait justice à Jirève échéance des accidents les plus graves de la syphilis Malheureusement il est loin d'avoir tenu de si belles promesses. On l'a vu d'abord déterminer la stomatite, la diarrhée, etc., à la façon de tous les composés mercuriels. Et, de plus, il a un tort capital, qui le condamne avant toute expérimentation clinique, c'est de ne pas être un composé défini! « Le tannate de mercure, nous disait récemment un de nos grands chimistes, n'existe pas chimique-

- Voici la formule des pilules eu usage dans les hôpitaux de raris : '■

¥ Peptone hydrargyriqueam-

™onique.. 2 grammes.

Poudre d'opium o,5o centigrammes.

Exu-au de gaïac . , . . i gramme.

Poudi-e de gaiac i

F. s. a. loo pilules, et vernissez-les à l'éthérolé de tolu Chacune de ces pilules renferme a centigrammes de peptone hydrargyrique ammonique, soit cinq milligrammes de sublimé combme a la peptone. {Formulaire pharmaceutique des hôpitaux de Paris ) I. Voici la formule proposée par le Lustgarten :

^ TannaLe de mercure. , . i gramme.

Acide tannique o,5o centigrammes.

Sucre de lait 4 grammes.

Poudre d'opium .... o,o5 centigrammes. Pour dix pilules.

Une de ces pilules une demi-heure après le repas. (P. Raymond, Notes sur le traUement de la Sjphilis en Allemagne et en Autriche.)

THAITEMRNT DE L\ SYPHILIS.

ment. Je vous ferai bien une série de corps contenant (h\ mercure et du tannin, tous différents les uns des autres, mais je ne vous ferai jamais ou du moins, quant à présent, je suis incapable de vous faire un corps défini, toujours identique à lui-même, et méritant le nom de tannate de mercure. Celui que je vous fabriquerai aujourd'hui ne sera pas semblable à celui que tel autre chimiste vous composera ou que moi-même je vous composerai demain. » — Quelle confiance accorder à un médicament de ce genre?

y Le salicylate de wercwrc. — Préparation bien autrement sérieuse et douée d une action antisyphilitique assez puissante, à la dose quotidienne de 5 à lo centigrammes. — C'est au Silva Araujo (de Rio-Janeiro) que nous devons les premières expérimentations sur ce composé*.

De tous ces remèdes il en est deux— et il n'en est que deux — auxquels la faveur publique soit restée fidèle. Ces deux remèdes, consacrés par une longue expérience, à l'avance vous les avez nommes ; ce

I Silva Arauio, Le Salicylate de mercure et ses applications dans la srpiùHset dans \uelques deLatoses, Journal de méd et de pharm., pfd 1887. - Bruno Chaves, Estudo medico cl,nn,co d. mercur.o Thès'e inaug., Bahia, 1887. - Analyse dans les Annales de de.m it et de svph., 1888, p. 228. , .

A signakr encore, Joarmi les préparations récemment expen-

BICHLORURE d'hYDR ARGYRE.

sont le sublimé et le protoiodure. On a dit qu'ils étaient les (( colonnes » de la médication mercurielle par ingestion ; ce n'est pas moi qui leur contesterai ce titre.

Etudions-les donc l'un et l'autre avec toute l'attention que nous devons accorder à ces deux véritables « guérisseurs de la vérole » , comme on les a encore qualifiés.

I. — Le SUBLIMÉ (deutochlorure ou bicblorure de mercure) est d'introduction ancienne dans la thérapeutique de la syphilis ; mais c'est à Boerhaave et Van Swieten qu'il doit le début de la haute faveur dont il n'a cessé de jouir jusqu'à nos jours.

Chimiquement, vous le savez, c'est un sel solide, blanc, cristallisable, soluble dans i3 fois son poids d'eau, plus soluble dans l'alcool. Il a une saveur àcre, métallique, éminemment désagréable.

Il fait la base de deux préparations extrêmement célèbres et d'un usage courant, à savoir : la liqueur de Van Swieten et les pilules de Dupuytren.

I. — La liqueur de Van Swieten française et actuelle (vous verrez dans un instant pourquoi

mentées, le pliéiiale de mercure (Gambeiini, Schadek), qui, dii-on, serait bien supporté et n'irriterait pas l'intestin. — Voici la formule à laquelle s'est arrêté Schadek :

^ Pliénate de mercure .... 60 centigramme? Poudre de lycopodc ... !

Baume de Tolu I' °*

Pour trente pilules. — Dose : 2 à 4 de ces pilules chaque jour (R mond, mémoire précité).

je précise de la sorte) a la composition suivante :

"if Eau (lislilhîc 900 grammes.

Alcool à go degrés 100 —

Bichlorure d'hydrargyre ... i —

Elle est donc au millième. — En sorte que chaque cuillerée à bouche de cette solution contient exactement seize milligrammes de sublimé, c'est-àdire (environ) un centigramme et demi.

Deux remarques de posologie.

1° La liqueur actuelle de la pharmacopée française n'est pas l'ancienne liqueur de Van Swieten. Elle est notablement plus forte que cette dernière, ce qui importe pour l'intelligence des anciennes doses.

2° La hqueur de Van Swieten n'a pas la même formule en tous pays. Ainsi la liqueur française est plus forte que celle de la pharmacopée espagnole, et plus faible que celle de la pharmacopée anglaise.

n. — Les pilules de Dupuytreii sont composées (actuellement') suivant la formule que voici :

I. Élève de Uupuylren, M. le D"^ Diday est mieux renseigné que tout autre sur la véritable formule de ces pilules, « telles qu'elles étaient administrées en iSSa, i833 et i834 » dans le service de son maître. Or, cette formule, relativement à la dose de Vup'uim^ est très différente de celle qu'on trouve partout reproduite aujourd'hui. La voici, d'après M. Diday (Pratique des mal. vén., 3" édit., p. 416) :

.y. Bichlorure de mercure. . . 3o centigrammes. 'Lxtrait aqueux d'opium. . . 10 — Extrait de gaïac 3 grammes.

Pour 3o pilules.

Dans cette formule, la dose d'extrait d'opium contenue dans chaque pilule est de o8%oo33; — tandis qu'elle est de a ceuli -

PROToiODunE d'hydraucyre.

:f Bichlorure d'hydrargyre. , . un centigramme.

Extrait d'opium deux

Extrait de gaiac quatre • —

Pour une pilule *.

C'est encore le sublimé qui sert de base à diverses préparations qu'il faut connaître au moins de nom, à savoir : pilules majeures d'Hoffmann''; — pilules de CbomeP; — sirop de Cuisinier*; — sirop deLarrey^; — sans parler d'une foule d'autres panacées exploitées par des charlatans, toutes naturellement « garanties sans mercure », mais toutes à base de sublimé,

n. — Le PROTOioDURE d'hydraugyrk est un sel solide, d'un jaune verdàtre, altérable à la lumière, presque insoluble dans l'eau, complètement insoluble dans l'alcool.

Il a été introduit dans la thérapeutique par Biett, qui eut le mérite d'en reconnaître les vertus antigrammes, c'est-à-dire six fois plus considérable, dans la formule contemporaine.

Cette dernière dose est excessive et inutile. — A ce point de vue, donc, je crois la vieille formule de Dupuytren très préférable à la formule modifiée qui, malheureusement, se trouve aujourd'hui consacrée par l'usage.

Page 1