I. Revue mensuelle de médecine^ sept
l'URPUHA lOûlQUR.
exclusivement de petites pëtéchies miliaires ou lenticulaires d'un rouge foncé, ne s'effiieant pas sous la pression du doigt, complètement indolores, . voire aprurigineuses, et, pour ce motif, passant souvent inaperçues.
III. — Troisième groupe. — Ce groupe se compose de divers accidents d'ordre tout à fait exceptionnel.
Il serait très chargé, considérable même, s'il fallait y admettre tous les accidents que l'on a rapportés à l'ioduro. Et, en effet, de combien de griefs ne l'a-t-on pas accablé? On formerait presque, comme pour le mercure, toute une pathologie avec les troubles morbides qu'on lui a imputés.
On l'a accusé, par exemple, de déterminer l'impuissance; — d'atrophier les testicules; — de « faire tomber les seins » ; — de produire l'albuminuriè et de servir d'origine au mal de Bright ; — de provoquer des désordres nerveux multiples : Hiiblesse de mémoire, hébétude, délire, hémiplégie, coma, paralysie générale, démence, paraplégie, etc., etc. ^ De ces derniers griefs, aucun n'est légitimé par l'ébauche même d'une démonstration scientifique. Inutile, en conséquence, de nous y arrêter.
En revanche, il en est nombre d'autres malheureusement avérés; — les uns sans grande importance, mais d'autres vraiment sérieux, voire graves, et quelques-uns même des plus graves. Ainsi (d'une façon toujours exceptionnelle, ceci soit dit une fois
pour toutes relativement à ce qui va suivre) on a vu l'iodure déterminer :
1° Des phénomènes d'intolérance gastrique ou intestinale (nausées, vomissements, diarrhée).
2° Des épistaxis. — On a même parlé d'hémorrhagies d'autres sièges (hémoptysies, diarrhées sanguinolentes) comme pouvant dériver de l'iodure ; mais les faits de cet ordre demandent confirmation.
3° Des gonflements fluxionnaires des glandes salivaires (de la parotide notamment), constituant de véritables « oreillons iodiques » .
4° Des œdèmes localisés de la face, tels qu'œdèmes des paupières et des lèvres, — Un de mes malades ne peut prendre une cuillerée d'iodure sans présenter une fluxion œdémateuse de la lèvre supérieure.
5° Des suintements uréthraux. — Ceci est bien authentique. J'ai vu plusieurs fois des écoulements uréthraux se développer, sans aucune autre cause provocatrice, sur des malades en cours de traitement ioduré; et, ce qui est confirmatif, j'ai vu des écoulements de cet ordre se répéter plusieurs fois à propos de plusieurs cures iodurées.
Mais que sont ces écoulements? Fort peu de chose. Ils ne consistent qu'en un flux uréthral léger et presque minime, séreux, limpide ou lactescent, souvent même en une simple exagération d'humidité uréthrale. De plus, ils disparaissent toujours sponte sud avec la suspension du traitement.
6° Des tuméfactions fluxionnaires, vagues et
lODIDES GRAVES^.
cUniises, autour des tendons, autour des articulations. — Je n'ai constaté rien de semblable jusqu'à ce jour.
7° Des phénomènes nerveux : « vertiges, fourmillements , incertitude des mouvements, pesanteur dans les membres inférieurs, somnolence, inaptitude au travail, difficulté de parole », etc.; tous symptômes qu'on a quelquefois groupés sous le titre à'ébriété iodique^ et que, pour ma part, je n'ai pas encore observés.
8° Des éruptions importantes, sérieuses, quelquefois graves, voire graves jusqu'à la mort. Ces « iodides graves », comme on les a appelées, composent un chapitre de dermatologie des plus intéressants, mais c|ui ne serait pas ici à sa place. Je me bornerai donc à les énoncer sommairement.
Elles se présentent sous des types extrêmement divers, dont les trois suivants sont à la fois les plus communs et les plus importants :
1° Le type huileux^ décrit sous le nom de pemphigus iodique ou d'iodide huileuse, consiste en une éruption de véritables bulles, voire de grosses phlyctènes, se produisant avec un degré variable de confluence sur divers points du corps, notamment sur le visage, le cou et les extrémités supérieures.
2" J^e type furoiiculo-cmtliracoïde^ se caractérisant par des tumeurs inflammatoires qui rappellent le furoncle, voire l'anthrax.
3" Le type pustulo-crastacé^ constituant des
THAITEMENT Dt LA SYPHILIS.
lésions ulcéro-croûleuses qui simulenl exactement les syphilides de même nom. C'est là le type insidieux par excellence des éruptions iodiques, en ce qu'il aflecle une telle identité o])jective avec les dermatoses tertiaires que les plus experts s'y laissent tromper. 11 est impossible même, dirai-je, qu'on n'y soit pas trompé; et le plus souvent on ne parvient à établir le diagnostic différentiel que sur des données indépendantes des signes extérieurs.
9" J'arrive enfin à un dernier ordre d'accidents heureusement très rares, très exceptionnels, mais les plus importants de tous en raison de leur haute gravité, à savoir les œdèmes iodiques des voies respiratoires (œdème laryngé, œdème pulmonaire).
Déjà nous avons remarqué la tendance de l'iodure à déterminer des fluxions œdémateuses. Il en produit sur la pituitaire, les paupières, la conjonctive, la luette, etc. Eh bien, il peut également en produire sur les muqueuses du larynx, de la trachée et des bronches.
Ces œdèmes laryngé et pulmonaire d'origine iodique ne sont pas, comme on a eu grand tort de le dire, des (c dangers imaginaires ». On a constaté l'un au laryngoscope et l'autre sur la table d'autopsie. Exemples :
Sur un malade de M. Iluchard, l'iodure de potassium détermina tout à la fois des œdèmes des paupières, des conjonctives, de la luette et du larynx. Mandé en consultation, M. Gouguenlieim constata nettement au laryngoscope les signes d'un
OEDÈME lODIQUE DE LA GLOTTE. 4l5
œdème gloltique, sous forme de deux bourrelets faisant saillie dans la région des arjtënoïdes'.
A l'autopsie d'un malade, mort d'accidents laryngo-pulmonaires à la suite et par le fait d'administration de l'iodure, on trouva, d'une part, un œdème de toute la partie supérieure du larynx, des cordes vocales, de l'épiglotte, et, d'autre part' une congestion aiguë des deux poumons'.
Ce que doit être et ce que peut devenir une scène clinique correspondant à des lésions de cet ordre et de ce siège, on le conçoit de reste. Naturellement, elle se compose des phénomènes usuels de l'obstruction laryngo-pulmonaire de forme aiguë, à savoir ; gène de la respiration ; — inspiration spécialement difficile, longue, bruyante ; — enrouement; — toux; — puis dyspnée véritable; — puis orthopnée ; — bref, tous phénomènes d'imminence asphyxique ; — finalement, recours d'urgence à la trachéotomie, et quelquefois asphyxie.
Oui, plusieurs fois, en pareille situation, on a dû, pour essayer de conjurer des accidents aussi graves, pratiquer la trachéotomie. Déjà, en i856, M. Ricord nous racontait le fait suivant, qui s'était produit quelques années auparavant dans les salles du Midi. Un malade entre à l'hôpital pour quelques accidents syphilitiques, mais d'ailleurs