MERCURE DANS L,V PERIODE TERTIAIRE
2° Dans tous les cas où des contre-indications au traitement mercuriel ressortent de circonstances diverses, telles qu'intolérance idiosyncrasique visà-vis du mercure, état préalable de débilitation, scrofule grave, tuberculose, cachexie, etc.
Réciproquement — et ceci a une bien autre importance — le mercure occupe une large place dans la thérapeutique de la syphilis tertiaire. On peut dire de lui, et cela bien plus légitimement que pour l'iodure, que c'est un antisyphilitique à toute période de la diathèse.
Il a droit, en effet, de figurer à trois titres divers dans le traitement de la période tertiaire : tantôt comme agent auxiliaire, pour un grand nombre de cas ; — tantôt comme agent principal, pour quelques cas plus rares; — tantôt et surtout (c'est là son grand rôle) comme agent préventif. — Je m'explique.
I. — Le mercure, d'abord, est utile, très souvent utile dans cette période en tant qu'agent auxiliaire. Il ajoute alors son influence propre à celle de l'iodure; et ce concours, ce renfort est maintes fois propice, car ce n'est pas trop, en nombre de cas, de deux forces thérapeutiques contre certains assauts de la diathèse.
Cette combinaison, cette association des deux grands antisyphilitiques (mercure et iodure) constitue ce qu'on appelle le traitement mixte, dont nous allons parler dans un instant.
FouHNiER. — Traitement de la Syphilis. 29
IL — Parfois, mais ceci est moins fréquent, le mercure s'élève, dans la période tertiaire, au rang d'agent curatif principal^ voire indispensable.
Et, en eifet, l'iodure, ce merveilleux remède, n'est pas sans avoir quelquefois, lui aussi, ses défaillances, et c'est à de telles défaillances que subvient le mercure. En autres termes et d'une façon plus précise, il est des cas où l'iodure reste impuissant ou incomplètement puissant, et dont on ne vient à bout qu'avec l'assistance du mercure.
A n'en citer qu'un seul exemple, le sarcocèle, qui guér-it si bien par l'iodure dans la très grande généralité des cas, lui résiste quelquefois et ne cède qu'au mercure. Gosselin et Reclus disent avoir observé plusieurs fois des sarcocèles spécifiques sur lesquels l'iodure, même à doses fort élevées, n'exerçait qu'une action incomplète, insuffisante, et dont le mercure seul a fini par avoir raison. J'aurais également à citer, pour ma part, quelques faits de même ordre.
ni. — Mais c'est surtout au titre de préventif que le mercure a sa place utilement marquée dans l'étape tertiaire. Et, en effet, le mercure est par excellence le remède de fond de la syphilis. Comptez sur lui bien plus que sur l'iodure pour prévenir les récidives et sauvegarder l'avenir.
Certes, l'iodure, nous l'avons dit, est le remède immédiat des lésions tertiaires, qu'il résout, qu'il fond, qu'il efface de la façon brillante que vous savez. Mais, s'il constitue un merveilleux effaceiir