MERCURE DANS LA PERIODE TERTIAIRE
rien que de fastidieux ; mais tenez pour certain que les conclusions auxquelles m'a conduit l'analyse de ces faits n'en sont que l'expression condensée et fidèle ^
I. Je ne terminerai pas ce qui est relatif au traitement ioduré sans signaler divers remèdes qui ont été proposés comme pouvant servir de succédanés à l'iodure de potassium. A savoir :
I. — Les iodures de sodium et (rammonium. — D'après quelques auteurs, l'iodure de sodium serait mieux toléré que l'iodure de potassium, moins irritant pour la gorge et l'estomac, moins « dépressif », moins sujet à déterminer des éruptions, etc.; mais on s'accorde généralement, en revanche, à le considérer comme moins énergique que son congénère. — L'iodure d'ammonium a été déclaré par Gamberini « supérieur et préférable » aux autres iodures. Il aurait, d'abord, l'avantage d'exercer, à doses moindres, une action équivalente et même plus rapide. D'autre part, il provoquerait moins fréquemment des accidents d'iodisme.
Hutcbioson a réuni les trois iodures dans une même préparation et dit en avoir retiré d'utiles effets.
Pendant plusieurs mois j'ai substitué systématiquement l'iodure de sodium à l'iodure de potassium dans les salles de mon service, et, si je n'ai pas continué cette expérience plus longtemps, c'est que vraiment je n'y ai trouvé aucun avantage. L'iodure de sodium m'a paru doué, à la vérité, d'une action anlisyphilitique remarquable; certainement encore, il est mieux toléré par certains malades que l'iodure de potassium; mais, sans nul doute également, il n'a pas l'énergie thérapeutique de ce dernier. Rien à gagner au change, si ce n'est pour les sujets (en bien petit nombre) qui sont décidément réfractaires à l'iodure de potassium.
IL — Li'iodure de calcium. — Inusité.
III — h'iode (Martin (de Lubeck), Lugol, Cullerier). — Susceptible de quelques bons effets (comme l'ont surtout démontré les expériences d'un médecin militaire distingué, le D'' Guillemin), mais très inférieur à l'iodure de potassium comme remède antisyphilitique. — Il a sa place indiquée dans les cas où ce dernier remède ne serait pas toléré; car, d'après Guillemin, même à dose très suffisante pour influencer les symptômes ou les lésions syphilitiques, il ne déterminerait pas le moindre accident. — La solution proposée par Guillemin est ainsi dosée : teinture d'iode au 10°, 5 grammes ; et eau distillée, 1000 grammes. Deux ou trois cuillerées
TnAlTKMEINT DR LA SYPHILIS.
LU
TilAlTEMENT MIXÏK.
Un dernier point me reste à envisager.
Le mercure et l'iodure sont-ils exclusifs l'un de l'autre, antagonistes, incompatiijles ?
On l'a prétendu. «Associer le mercure et l'iodure, a-t-on dit, c'est souffler le chaud et le froid, c'est s'elForcer à combiner le feu et l'eau. Car, puisque l'iodure est un éliminateur du mercure, à quoi bon réunir deux remèdes dont l'un exclut l'autre? » — Ce n'est là, messieurs, qu'une conception purement théorique, à laquelle l'observation inflige un démenti formel.
Loin d'être antagonistes, ces deux remèdes font
à bouche matin et soir, avant les repas. {Gazette hehd. de méd. cl de c/iir., i865.)
iV. — h'iodoformc. — Autant il constitue un merveilleux topique, autant il paraît mal cloué en tant que remède interne. — Rarement toléré, susceptible même de déterminer des accidents toxiques. — Préconisé cependant par quelques auteurs contre les névralgies symptomatiqucs et les glossites tertiaires à forme icuace. (Berkeley Hill, Zeissl, etc.)
V. — Uiodol (Schwimmer, Szadek). — Action analogue à celle des iodures, mais moins énergique et moins rapide.
Tous ces remèdes et tant d'autres que je passerai sous silence sont loin d'équivaloir à l'iodure de potassium comme action antisypbilitiquc. En sorte que, dans l'état actuel de nos connaissances, ce dernier agent reste encore notre meilleur recours dans tous les cas où se présente l'indication du traitement ioduré. Spécilions bien que c'est le seul agent auquel, en cas grave ou urgent^ il soit permis de faire appel. J'ai vu plus d'une fois de prétendus « succédanés » de ce remède laisser se ])roduire des accidents regrettables que lui-même eût très vraisemblablement conjurés.
THA1TEMENT MIXTE.
au contraire (passez-moi l'expression) bon ménage ensemble et se prêtent un mutuel renfort. La clinique, en tout cas, a établi catégoriquement ce fait, que certaines manifestations diathésiques guérissent bien mieux sous l'influence combinée du mercure et de l'iodure que sous l'action isolée, exclusive, de tel ou tel de ces remèdes. Cette combinaison, que l'on appelle le traitement mixte, constitue pour nombre de cas un mode d'intervention thérapeutique des plus efficaces, je dirai même non pas seulement efficace, mais nécessaire, indispensable.
Quels sont ces cas ? J'aurai à les spécifier individuellement alors que je vous exposerai le mode de traitement applicable à chacun des accidents ou des groupes d'accidents de la syphilis. Mais, dès aujourd'hui, laissez-moi vous en citer quelquesuns, à titre d'exemples.
Le prototype des accidents contre lesquels le traitement mixte trouve une indication précise et formelle, c'est la syphilide tuberculeuse sèche. Ni le mercure, ni surtout l'iodure n'influence cette syphihde d'une façon aussi intense et aussi rapide que le fait le traitement mixte.
De même ce traitement sera prescrit avec avantage contre toute la catégorie nombreuse d'accidents à classification indécise qui occupent la lisière (si je puis ainsi parler) des périodes secondaire et tertiaire, à savoir : iritis, choroïdite, sarcocèle, péri-onyxis, syphilides ulcéro-croûteuses, périostites, etc.
A un autre point de vue, le recours au traitement mixte ne souffre pas discussion, voire s'impose vérital)lement, dans tous les cas graves intéressant la vitalité d'un organe, a fortiori menaçant l'individu. Quel est le médecin qui, en face d'une syphilis cérébrale, par exemple, ne s'empressera pas de faire feu de toutes pièces, c'est-à-dire de réunir toutes les forces thérapeutiques dont il peut disposer?
Le principe étaWi, reste l'apphcation. Comment constituer ce qu'on appelle le traitement mixte?
Deux procédés se présentent. On peut ou bien réunir les deux remèdes (mercure et iodure) dans une préparation pharmaceutique; — ou bien les administrer isolément.
Le premier procédé est réalisé par diverses, préparations connues sous les noms de sirop de Gibert, sirop de Boutigny, solution de biiodure ioduré de Ricord', pilules de Gibert% etc.