‹ Traitement de la syphilisChapitre 9 sur 92 · Gaz.viéd, de l.yon^ i8j · texte numérisé non relu

Gaz.viéd, de l.yon^ i8j

CAUTÉniSATION

.S1?ÉC1FIQ.UE.

Liuîgslon Parker a eu l'occasion de renconlrer un chancre datant de deux heures. Il le cautérisa d'une façon profonde et complète. Or, il n'en vit pas moins apparaître, à échéance normale, des accidents d'infection constitutionnelle.

Autre cas (celui-ci d'un autre ordre, mais non moins essentiel à citer). Un homme se déchire le frein dans un rapport sexuel. Onze heures après, toute la surface excoriée est profondément cautérisée par le D'' Berkeley Ilill avec l'acide nitricjue fumant. L'eschare tombe, la plaie se cicatrise ; mais, un mois après, la cicatrice s'indure, puis surviennent des accidents secondaires.

Et ainsi de cent autres faits — que dis-je! — de mille autres faits que l'on pourrait produire.

Si bien que j'ai véritablement le droit d'abréger. La cause est entendue; et, de l'aveu presc|ue unanime, on peut dire aujourd'hui :

Que la cautérisation d'un chancre syphilitique., même d' un chancre jeune, voire presque embryonnaire.^ est absolument impuissante à conjurer l'infection constitutionnelle.

Rien à espérer de cette pratique en tant que méthode abortive de la syphilis, voilà la vérité.

II. — Une variante du procédé qui précède pourrait être appelée cautérisation spécifique.^ dénomination que vous allez comprendre dans un instant.

On s'est dit : la cautérisation du chancre, en tant que méthode abortive de la syphilis, échoue cou-

thaiïement diî la syphilis.

slamment, c'est un fait acquis. Eh ])ien, faisons mieux. Cautérisons le chancre, mais cautérisons-le avec une substance qui non seulement le détruise en tant que chancre, mais qui de plus ail la faciihé d'agir sur les éléments infectieux qui pourraient sul)sister en dehors du chancre, comme sur ceux qui pourraient être en voie d'absorption. Choisissons donc une substance qui, d'une part, soit un caustique, mais qui, d'autre part aussi, constitue un contrepoison, un antidote du virus svpliilitique, et qui, absorbée par les vaisseaux, soit apte à poursuivre ce virus au delà du chancre.

Or, le sublimé corrosif se présente avec celte double qualité : d'abord, c'est un caustique puissant, tout le monde le sait; — puis, c'est aussi un composé mercuriel, donc, à ce titre, un enneminé de la syphilis. Comme caustique, il détruira le chancre; comme agent mercuriel absorbable, il neutralisera ensuite et au delà le virus syphilitique.

Celte idée qui, théoriquement, pouvait être ingénieuse et qui, d'autre part, invoquait en sa faveur les heureux résultats que donne l'emploi du sublimé dans la pustule maligne, a été mise en pratique par mon savant collègue et ami , le D'' Hallopeau.

Malheureusement, elle n'a abouti encore qu'à un nouveau déboire, comme en témoigne le récit de l'expérience tentée par M. Hallopeau, se résumant en ceci :

Malade affecté, après une incubation d'un mois environ,

EXCISION DU CHANCRE

d'un chancre du sillon balano-préputial ; — chancre datant de cinq jours, mesurant trois millimètres de diamètre, et présentant déjà un bourrelet induré; — mais chancre non encore compliqué d'une adénopathie appréciable.

On applique sur ce chancre- une couche relativement épaisse de sublimé en poudre, qu'on laisse à demeure trente minutes. Quatre jours après, nouvelle application semblable pour détruire le" bourrelet induré qui persiste. Production d'une eschare; persistance de l'induration, mais non-apparition de l'adénopathie usuelle du chancre. — Cicatrisation de la plaie. — Puis, au quarantième jour environ, éruption d'une roséole caractéristique ; plus tard, syphilide papuleuse, syphilides gutturales S etc.

Donc, ici encore, échec de la cautérisation, et de la cautérisation pratiquée avec un caustique mercuriel .

N'était-ce pas à prévoir?

EXCISION DU CHANCRE

ni. Venons enfin à la troisième méthode, celle

qui a les faveurs du jour, X excision du chancre.

De vieille date on avait extirpé des chancres en vue d'arrêter la syphilis à son origine. Mais, en raison de ses insuccès, cette méthode était presque universellement délaissée, lorsqu'en 1877 un mémoire important, puhlié à Vienne par Auspitz' et contenant trente- trois expériences d'exci-

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