TECHNIQUE
Sans être difficile, la technique des injections mercurielles exige, de la part de l'opérateur, qui doit toujours être un médecin, certaines précautions et certaines connaissances. Comme l’a fait Lévy-Bing dans son importante thèse sur les injections mercurielles dans la syphilis de l’adulte, thèse à laquelle nous ferons quelques emprunts, nousétudierons successivement :
io Le liquide à injecter,
20 L'instrumentation,
3° Les lieux de l'injection,
4° L'injection proprement dite,
»° La fréquence des injections.
biquide à injecter
Le sel de mercure à utiliser doit remplir les conditions suivantes :
1° Etre physiquement et chimiquement pur : le liquide, qui ne devra pas être un mélange, peut être conservé dans des ampoules fermées à la lampe, ou dans des flacons bien stérilisés, bouchés à l’émeri, teintés, à l’abri de l’airet de la lumière.
20 Avoir une teneur en mercure connue. L’eflicacité thérapeutique d’un composé mercuriel dépend de
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la quantité de mercure introduite dans l'organisme en un temps donné (Leredde). D'ailleurs, si l’on ignore Ja teneur en mercure du composé soluble ou insoluble qu'on injecte, on agit à l’aveugle et on expose l'enfant à des accidents d'hydrargyrisme.
3° Etre soluble dans l’eau, ou, si l’on emploie un sel insoluble, être attaqué facilement par les liquides de l’organisme, pour donner des produits de décomposition solubles dans ces liquides. Les sels solubles sont généralement dissous dans l’eau distillée ou dans une solution isotonique.
4 Ne pas donner de précipité avec les substances contenues dans les liquides de l’organisme.
5° Etre peu toxique.
6° Etre le moins douloureux possible ; en tous cas, il ne faut jamais employer un analgésique (ni cocaïne, ni morphine, niorthoforme), qui nepaurrait qu’intoxiquer les petits malades, déjà profondément infectés. Du reste, la cocaïne décompose certains sels de mercure, le biiodure par exemple.
1° Ne provoquer ni abcès, ni induration.
Instrumentation
SERINGUES. — La seringue de Pravaz peut suflire, mais comme, avec son piston de cuir, elle n’est pas facile à aseptiser, on emploie de préférence une seringue facilement démontable et stérilisable, à piston de verre. La seringue de Luër remplit parfaitement ces conditions; cependant, pour les injections d’huile grise, la seringue de Barthélemy est nécessaire elle permet d’injecter l'huile grise par cenligramme de mercure.
AIGUILLES. — En platine iridié ou en acier, l’aiguille ne doit pas être évidemment aussi longue que quand il s’agit de l'aduite. Elle sera de 3 centimètres environ. On ne doit pas flamber l'aiguille montée sur une seringue déjà chargée, car si la seringue contient une solution huileuse, l'huile contenue dans la lumière de l’aiguille est décomposée.
bieux de l'injection
Si l’on se sert de sels solubles, l'injection pourra être sous-cutanée, ou mieux intra-musCulaire (nous ne parlons pas de l'injection intra-veineuse, trèsrarement employée). Si l’on utilise les sels insolubles, l'injection devra alors, de toute nécessité, être intramusculaire. On facilitera ainsi l'absorption, et on évitera, de plus, les abcès et les indurations.
A la question de profondeur s’ajoute une question aussi, sinon plusimportante,c’est la question de région.
D'une manière générale, on doit choisir les régions où abondent les muscles, et l’on doit éviter les régions riches en nerfs. C’est dire tout de suite qu’il ne faudra jamais faire de piqûres mercurielles aux membres.
Certaines régions sont donc tout naturellement indiquées : |
1° La masse sacro-lombaire,
2° Les parties latéro-vertébrales,
3 La région scapulaire,
4° La région fessière. ,
C’est celte dernière que l’on choisit de préférence à toutes les autres. Encore, dans cette région, certains points sont-ils à signaler tout particulièrement, Ce sont :
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A/ Le point de Smirnoff. ou région rétro-trochantérienne.
B/ Le point de Galliot, situé à l'intersection d’une ligne horizontale passant à deux travers de doigt audessus du grand trochanter et d’une ligne perpendiculaire qui est parallèle au pli interfessier et passe à deux travers de doigt en dehors de lui.
C/ La zone de Lévy-Bing, qui répond à une ligne joignant le sommet du pli interfessier à l'épine iliaque antéro-supérieure. C'est une région relativement haute ; aussi est-elle parfaitement indiquée chez l'enfant, dont les matières fécales infecteraient continuellement les piqûres trop bas placées.
Le point de Barthélemy est au milieu de la ligne de Lévy-Bing.
D/ La zone d’Imerwol.
À droite, disposition des piqüres dans la zone de Lévy-Bing. À gauche, zone d'Imerwol.
Imerwol divise par deux perpendiculaires la fesse en quatre parties. C’est dans le quart supéro-externe, comme l'indique la partie gauche de Ja figure cidessus, qu'il fait une fois par semaine ses injections intra-musculaires de sublimé à doses massives.
Quel que soit le point ou la zone que l’on choisisse dans la région fessière, il sera bon de faire les injections alternalivement dans l’une et l’autre fesse.
Injection proprement dife
On couche le petit malade sur le ventre, on fait immobiliser son bassin par un aide, et on nettoie soigneusement la région à injecter, d’abord avec du sublimé, puis avec de l’éther ou de l'alcool. La seringue, aseptisée par l’ébullition, est remplie du liquide à injecter. Si l’on se sert de sels solubles en solution aqueuse, on ajuste sur la seringue l'aiguille préalablement flambée, et l’on enfonce au point choisi perpendiculairement à la peau et jusqu’à l’armature. Si l’on emploie les sels solubles cn solutions huileuses, ou une préparation insoluble quelconque, on enfonce d’abord et séparément l’aiguille, et on attend pour voir s’il ne vient pas de sang par l'extrémité de l'aiguille. S'il ne vient rien, on ajoute sur l’armature de l’aiguille la seringue chargée du liquide à injecter, et on pousse lentement le liquide au sein des tissus. Quand linjection est {erminée, on retire rapidement l'aiguille, tout en serrant fortement les tissus entre le pouce ct les autres doigts, sur le trajet qu’elle à parcouru. On comprime ensuite avec un tampon aseptique le point de pénétration de l'aiguille. L'application ultérieure de collodion est plutôt nuisible qu’utile.
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Fréquence des Injections
Les injections solubles sont généralement quotidiennes, les injections insolubles hebdomadaires. Ce n’est d’ailleurs que très rationnel, puisqu'on injecte dix fois plus de mercure dans celles-ci. Une série d’injections solubles comprend dix à vingt injeclions; une série d’injections insolubles comprend cinq à dix injections.
Ces chiffres sont naturellement une moyenne, car il faut tenir compte de l'idiosyncrasie, variable avec chaque enfant.