‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 10 sur 610 · LA SYPHILIS ET LES DEUX AUTRES MALADIES VÉNÉRIENNES · texte numérisé non relu

LA SYPHILIS ET LES DEUX AUTRES MALADIES VÉNÉRIENNES

seins. « Le mal français naît seulement de Vénus, dit Paracelse, ou il se transmet par hérédité. » 11 créale nom de maladie vénérienne.

Un des plus fameux parmi les grands syphiliographes du seizième siècle, Kernel, appela virus l'agent de la contagion. 11 définit la syphilis « une maladie occulte, contagieuse, manifestée par des tubercules, des taches, des ulcères et des douleurs ». Il établit la solidarité qui relie entre eux les accidents qu'elle produit et qui s'échelonnent en phases presque régulières. Ce dernier point fut aussi mis en relief avec une grande netteté par Varandœus,

Fallope donna une description clinique très exacte et très détaillée de tous les symptômes de la maladie, notamment du chancre induré et des syphilides, dont il signala la couleur chair de jambon. D'après lui, dans tous les cas, l'infection générale précède l'accident local. 11 combattit le traitement mercuriel et prétendit avoir trouvé dans les os de petites collections de mercure. Fernel préconisait le gaïac.

VII. Les médecins qui, les premiers, se trouvèrent aux prises avec la maladie nouvelle furent presque tous des observateurs de premier ordre. Au-dessus de la tourbe des empiriques et des charlatans qui pullulèrent à cette époque et firent tant de mal, s'élèvent de grandes figures médicales. Observation pénétrante, ingéniosité dans l'interprétation des phénomènes, vue nette et précise de ce qui était bien réellement du domaine de la maladie, sans aucune confusion avec les affections' vénériennes antérieurement existantes qui la côtoyaient et se mêlaient à elle sans altérer son type, appréciation exacte autant que profonde de sa portée pathogénique pour l'individu et pour sa race : voilà ce qu'on trouve dans leurs écrits. Aucun d'eux ne resta au-dessous de sa tâche. Au point de vue pathologique, leur œuvre fut à peu près complète.

Les descriptions les plus parfaites et les plus achevées en ont été faites par Vigo et par Fracastor. Celle de ce dernier, qui était tout à la fois poète et médecin, est célèbre par la fidélité des détails autant que par l'élégance du style. A l'époque où il publia son livre : De Morbis contagiosis, Venise 1546, il remarqua que la syphilis s'était modifiée avec les années, et qu'il y avait eu quelque adoucissement dans son ensemble.

VIII. Toutefois son type primitif resta toujours identique à lui-même et ne subit aucune métamorphose importante. Il a fini par arriver inlact jusqu'à nos jours. Mais ce ne fut pas la faute des médecins du dixseptième et du dix-huitième siècle. Très inférieurs en vénéréologie à leurs prédécesseurs, ils firent tout ce qu'ils purent pour fausser et altérer leur œuvre. Ils y parvinrent en réunissant les trois maladies vénériennes en une seule. Cette déplorable confusion commença vers 1520. Jusqu'à cette époque, la syphilis avait été décrite comme une espèce morbide à part et essentiellement autonome.

Sans doute elle était vénérienne ; mais, dans maintes circonstances, ne la contractait-on pas en dehors des rapports sexuels? Est-ce que la sphère de son action ne sortait pas des limites étroites de l'appareil génital? Quel contraste, à cet égard, entre elle et les deux antiques

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