‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 108 sur 610 · PAR LES INJECTIONS SOLUBLES DE SUCC1NIM1DE DE MERCURE · texte numérisé non relu

PAR LES INJECTIONS SOLUBLES DE SUCC1NIM1DE DE MERCURE

Parmi les sels insolubles, on peut ciler :

L'albuminate 10.20 p. 100

Le tannate 23.80 —

Le thymolate 41.89 —

Le phénolate 51.68 —

Le salicylate 59.00 —

L'oxyde rouge mercurique 92.59 —

Le calomel 84.00 —

M. Jullien a employé la succinimide sous forme de pilules, avant de l'employer en injections hypodermiques. Les pilules contenaient de 2 à 3 centigrammes de sel mercurique, et on en donnait de deux à trois par jour. Efficacité assez rapide; jamais de stomatite.

Mais M. Jullien trouve néanmoins que le traitement pilulaire n'est comparable à celui des injections ni sous le rapport de la rapidité de l'action, ni sous celui de la sûreté des effets.

La solution qu'on emploie pour les injections contient 20 centigrammes de sel pour 100 grammes d'eau bouillie. Il y a donc 2 milligrammes de succinimide hydrargyrique dans une seringue de Pravaz. Cette solution doit être incolore et limpide. Quand elle se trouble, c'est que le sel employé est mauvais. Il en résulterait alors de l'irritation locale. Elle se conserve pendant trois mois et plus.

Dans les cas exceptionnels où l'injection déterminerait des accidents locaux, on pourrait, après filtration, employer la formule suivante :

2£ Succinimide d'hydrargyre 20 centigr.

Chlorhydrate de cocaïne 1 gramme.

Eau distillée 100 grammes.

la solution aqueuse de ce sel n'étant pas altérée par la cocaïne.

Phénomènes généraux produits par les injections de la succinimide mercurique. Ni malaises intenses, ni douleurs de tête, comme cela arrive fréquemment avec l'alaninate, par exemple. La stomatite ne s'observe presque jamais. La succinimide est la préparation qui expose le moins au retentissement sur la muqueuse buccale.

La diarrhée doit attirer spécialement l'attention, quelles que soient les préparations dont on se sert pour les injections sous-cutanées. Elle est, en effet, ordinairement, le premier indice de la saturai ion mercurielle allant jusqu'à L'empoisonnement. Elle a pour la méthode hypodermique la même valeur que la stomatite pour la méthode pilulaire. Son apparition impose la cessation des injections. Eh bien, les phénomènes intestinaux sont très rares avec la succinimide, et infiniment moins fréquents qu'avec le cyanure, par exemple. Son innocuité presque absolue contraste avec les accidents graves et même mortels que peuvent produire, exceptionnellement, il est vrai, les sels insolubles, comme le prouvenl les observations de Runeberg, Smirnoff, Kraus, Kaposi, Hallopeau (Bulletin médical, 1888), Lukasiewicz.

La sécrétion urinairc, à la suite des injections de la succinimide Mauriac. '0

1 il.

ÈTODE PHÏMOL'OGICO-^HÉRAPBOTIQUJÎ

mercurique, a été étudiée avec beaucoup de soin par M. Lucien Arnaud1.

Il y a trouvé deux J'ois du sucre, ce qui prouve que l'introduction de mercure par la méthode sous-cutanée peut produire la glycosurie, aussi bien que les préparations hydrargyriques, parla voiô stomacale, comme l'ont décrit Draggcndorf, Schneider et Sackowsky.

Deux fois sur seize cas, on a trouvé 10 et 20 centigrammes d'albumine ; donc, quatorze l'ois le fonctionnement du filtre rénal est resté intact, et cela après une trentaine d'injections. C'est sans doute pourquoi M. Vollert conseille la succinimide chez les tuberculeux rénaux cachectiques, qui ne. peuvent supporter un traitement mercuriel énergique comme les frictions et les sels insolubles.

Pour guérir les manifestations contre lesquelles on les emploie, il faul ordinairement une moyenne de 21 injections. Quelquefois 25, 30, 35 et même 40 sont nécessaires chez les personnes qui répondent mal à l'action curative. Quoi qu'il en soit, la succinimide guérit fiés vile, puisque 40 milligrammes de ce sel suffisent pour atténuer et effacer les éruptions, affaisser les papules et les condylomes. Presque toutes les observations se rapportent à la période secondaire où elle donne", les plus beaux résultats. M. Jullien s'en est servi à la période initiale de la syphilis. Dix-sept injections prévinrent chez un de ses malades l'apparition des accidents secondaires. Arnaud, Vollert, Wolff l'ont trouvée très efficace aussi contre les accidents tertiaires. Ce médicament peut être associé à l'iodure de potassium et permettre un traitement mixte. Chez les malades dont on veut ménager l'estomac, on peut tardivement donner la succinimide sous la peau, l'iodure par le rectum et on a ainsi un traitement d'une énergie exceptionnelle. (Arnaud2.)

1. M. Arnaud a recherché le mercure dans les urines par les procédés de M. Personne, de M. Schneider, de Ludwig, de Mayençon et Bergeret, de Furbringer, de Mayer, d'Overbeck, de Bocquillon, de Schillberg. Il conclut que « le mercure se retrouve dans l'urine deux ou trois jours après que le sujet a avalé la prethiére pilule de la succinimide hydràrgyrique, lundis qtf aptès les injections sous-cutanées, ■il est déjà décelé au bout de cinq ou six heures. Welander dit l'avoir souvent trouvé une heure après la première injection de formamide de mercure. En tout cas, l'absorption est infiniment plus rapide, quand on administre le mercure sous la peau que quand on le l'ait prendre par la bouche ».

2. Voici une comparaison intéressante faite par M. Arnaud entre les divers sels de mercure employés en injections :

« Le cyanure de mercure, sans être douloureux, ne trouve qu'un emploi limité à cause de la faible intensité de son action curative et des réactions secondaires pénibles qu'il provoque, dans beaucoup de cas, sur l'intestin.

On n'a guère à penser au mercure glycocolle à cause de l'intensité des douleurs.

Le sublimé fait encore plus souffrir que cette dernière combinaison de mercure.

Avec le peptone mercurique, il dépend de la qualité du peptone que l'injection soit indolore ou non. En outre, celle composition s'altère très vite.

Vollert a essayé l'urée mercurique, mais l'a aussitôt rejetée à cause des douleurs vives qu'elle occasionne. Nous rejetons de même l'alaninale, qui semble le plus toxique, de ces sels.

Nous n'avons essayé que rarement le salicylale, jamais l'oxyde jaune ni l'asparagine.

« Nous donnons la préférence, sans hésitation, à la succinimide, et nous

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