EFFETS CURAT1FS SANS TROUBLES TOXIQUES
Un des grands avantages de cette méthode serait de ne pas troubler le fonctionnement des voies digestives et de les laisser indemnes.
A certaines doses c'est très vrai, aux doses faibles ou même moyennes. Mais dès qu'on les dépasse, les troubles gastriques, se produisent. L'intoxication du tube digestif par les injections hypodermiques est un fait notoire. Elle se produit quelquefois aussi facilement qu'avec le mercure donné par ingestion. N'est-ce pas là quelque chose de très surprenant? — Diarrhées, vomissements, selles sanguinolentes, ténesme, catarrhes persistants de l'estomac, etc. : voilà ce qu'on a quelquefois constaté; tandis qu'on ne voit rien de pareil, ou très rarement du moins, quand le mercure est administré prudemment parla bouche, chez des sujets bien portants. Il n'y a donc là rien d'absolu, et les injections solubles ne sont réellement indiquées que chez les individus préalablement atteints de dyspepsie, de gastralgie, d'entérite chronique, etc.
Je me suis déjà élevé plusieurs fois contre cette prétention insoutenable que le mode d'introduction du mercure confère des propriétés spéciales à ce remède, et en modifie presque la nature, en augmentant sa spécificité dans le sens de l'action curative. Qu'on se pénètre bien de ce fait, qu'il ne s'agit dans tout cela que d'une question de quantité, et que la qualité n'est point en jeu. De quelque façon qu'il pénètre dans la circulation, le mercure reste toujours le mercure.
Mais on ajoute que, dans la méthode hypodermique, l'organisme le tolère mieux que quand on l'administre par d'autres voies. Est-ce bien exact? Tout ici comme ailleurs dépend des doses. Il est bien évident que vous n'altérerez pas la santé générale et que vous éviterez les accidents d'intoxication hydrargyrique, si vous injectez quotidiennement de faibles doses des sels solubles. Vous obtiendrez même, comme l'ont constaté Liégeois, Martineau, et beaucoup d'autres observateurs, une guérison assez rapide de cette cachexie transitoire produite chez quelques sujets, principalement chez les femmes, par la généralisation de la syphilis, après la période primitive : arrêt de l'amaigrissement, de la déglobulisation, de la faiblesse musculaire; augmentation du poids, de l'embonpoint, des forces, du nombre des globules rouges, de La quantité de l'urée; diminution des globules blancs ; retour de l'activité dans le mouvemenl de nutrition et de dénutrition.
Mais n'observe-t-on pas de pareils résultats quand on soumet les malades au traitement hydrargyrique par la. méthode stomacale?