‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 117 sur 610 · DES INJECTIONS HYPODERMIQUES DE CALOMEL · texte numérisé non relu

DES INJECTIONS HYPODERMIQUES DE CALOMEL

tique de la peau. S'assurer là, plus encore qu'avec les autres méthodes, que les reins fonctionnent bien. Faire une injection profonde dans les muscles de la fesse, de quinze en quinze jours.

M. Scarenzio avait supposé que le calomel, introduit par injection dans les tissus hypodermiques, s'y transformai I; peu à peu en sublimé, sous l'influence des chlorures. Cette hypothèse était très plausible et concordait, du reste, avec les opinions de Voit et d'autres auteurs sur la façon dont le mercure est résorbé dans le traitement par les frictions.

Aussi, afin de hâter la solubilisation du calomel, le suspendit-on dans de l'eau additionnée de chlorure de sodium. Pour le même but, on prescrivait aux malades une alimentation salée, ou on leur faisait prendre quotidiennement 5 à 10 grammes de chlorure de sodium.

Cette pratique, basée sur des idées chimico-physiologiques dont la justesse n'a pas été démontrée, eut peu de succès et fut abandonnée pai'ce qu'elle donnait lieu trop souvent à la diarrhée.

II. MM. Kopp et Chotzen commencèrent, en 1884, leurs recherches thérapeutiques sur la méthode de Scarenzio, et la poursuivirent pendant plusieurs années. — 1523 injections furent faites à 263 malades. Ils employèrent une close de 25 milligrammes de calomel par injection et se servirent de la formule suivante :

% Calomel à la vapeur. ) n ,n „„

Chlorure de sodium ! aa 0,40 centigr.

Mucilage de gomme arabique 20 —

Eau distillée 14 gr.

On faisait à chaque malade tous les jours une injection; en tout quinze, d'abord dans la région fessière, puis dans le dos. Cette très faible dose de calomel avait été adoptée par les auteurs, préférablement à la dose classique, mais espacée, de 10 centigrammes en une seule in jection , pour éviter les abcès. Y réussirent-ils? Oui, dans une mesure relativement satisfaisante, puisque, sur 429 injections quotidiennes avec cette formule, ils n'eurent que onze fois des abcès (2, 5 pour 100).

Ils augmentèrent peu à peu la dose de calomel, diminuèrent la proportion de chlorure de sodium, supprimèrent le mucilage de gomme et adoptèrent définitivemènt la formule suivante:

% Calomel à la vapeur 5 grammes.

Chlorure de sodium lBr.25

Ban distillée 50 grammes.

Ils attribuèrent l'état douloureux don! souffraient les malades, avec l'emploi des auLres formules, au mucilage de gomme et à la quantité

RECHERCHES DE MM. KOPP ET CHOTZEN

considérable de sublimé qui se formait trop rapidement dans le foyer de l'injection, sous l'influence du chlorure de sodium en excès.

Toutes leurs expériences furent faites avec beaucoup de soin. Je ne les exposerai pas en détail; un résumé suffira. Pour chaque malade, 4 injections profondes, en deux séances, à un intervalle de huit joufs, dans un pli de la peau, à 3 centimètres en arrière des trochanters.

Sur 768 injections à 10 centigrammes, 48 abcès (6,2 pour 100). Chez trois individus, par le fait d'une idiosyncrasie inexplicable, toutes les injections donnèrent lieu à des abcès.

M. Smirnoff, dans sa première série d'expériences, avait enregistré 25 pour 100 d'abcès; Lundsberg, 10 pour 100; Watraszewski, Moberg, Ross, 1 à 1 1/2 pour 100.

M. Smirnoff, en perfectionnant sa technique, est arrivé, dans des expériences ultérieures, à n'avoir que 4 pour 100 d'abcès, et il croit maintenant pouvoir affirmer que cet accident si commun autrefois est devenu extrêmement rare.

MM. Kopp et Chotzen ont constaté que les femmes étaient plus pré disposées aux abcès que les hommes. Ils attribuent en partie cette différence à l'abondance, chez elles, du tissu cellulo-graisseux.

Nodosités presque constamment; mais, en général, éphémères. Douleurs violentes quelquefois. Stomatite, lo fois sur 263 malades, plus fréquente, comme les abcès, chez les femmes que chez les hommes.

Chez l'une d'elles, la stomatite fut horrible : face tuméfiée au point de la rendre méconnaissable ; langue énormément gonflée, pendante hors de la bouche et gangrenée sur quelques points; abondante salivation ; difficulté très grande à prendre une alimentation solide et même liquide, etc.

L'administration simultanée de l'iodure de potassium n'influait pas notablement sur la marche des injections.

Résultats thérapeutiques toujours très prompts. Dans la syphilide papuleuse, par exemple, après les deux premières injections, c'est-à-dire dès la fin de la première semaine du traitement, l'éruption s'affaissait et même disparaissait entièrement.

Les auteurs ne pratiquaient les deux autres injections que pour rester fidèles au principe d'introduire 40 centigrammes de calomel par injection pour une même cure.

Chez les 263 malades de MM. Kopp et Cliolzen, les récidives ne se seraient produites que dans 38 cas. On sait mon opinion sur cet optimisme et ces illusions en matière de récidives. Les statistiques de ces expérimentateurs, comme celles de tant d'autres, n'ont qu'une très médiocre valeur, parce qu'elles n'embrassent qu'une partie fort restreinte de la vie des patients.

Ce qui est plus positif, c'est la constatation du mercure clans les urines, après les injections de calomel. Elle a été faile par M. Landsberg, qui a trouvé que. déjà, 16 à 24 heures après une injection

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