‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 120 sur 610 · POUR LE DIAGNOSTIC KAPIDE DES SYPHILIS DOUTEUSES · texte numérisé non relu

POUR LE DIAGNOSTIC KAPIDE DES SYPHILIS DOUTEUSES

pensables pour un véritable médicament d'épreuve. Pourquoi donc n'est-elle pas pratiquée? Pourquoi la chirurgie n'y a-t-elle pas recours dans les circonstances solennelles où se débat le sort de tant de pauvres gens? Serait-ce qu'on lui a reconnu des inconvénients graves ? Examinons rapidement les objections que cette pratique a suscitées.

« a) Le foyer peut donner lieu à de la suppuration. Non, répondrai-je. L'injection vraiment aseptique peut déterminer un gonflement, quelque peu de douleur locale, mais la suppuration n'est pas à craindre. Dans les pires cas, on verra se produire, après une tuméfaction limitée, l'issue de quelques gouttes d'un liquide sanguinolent; c'est là un résultat tout à fait exceptionnel. Mais, alors même que le foyer devrait suppurer, les effets du remède n'en seraient pas amoindris, l'expérience l'a prouvé. Au début de la méthode, en 1864, l'abcès était la règle, et les guérisons ne s'en produisaient pas moins. Smirnoff, complétant l'œuvre de Scarenzio, nous a montré qu'il pouvait être évité, mais la méthode, en devenant moins offensive, n'y a rien gagné en efficacité.

« b) L'injection de calomel est localement douloureuse. Autre affirmation erronée, ou tout au moins fort exagérée. La vérité, c'est que la sensibilité qui suit la piqûre est des plus variables, suivant les individus. Si le sujet a régulièrement gardé le lit pendant les trente-six premières heures, c'est vers les troisième, quatrième jours que le foyer offre le maximum de tendance aux algies, toujours fort supportables. Mais, dans un plus grand nombre de cas, il en reste exempt.

« c) Le calomel injecté petu donner lieu à des lésions pulmonaires consécutives, à l'absorption par embolie des grains de protochlorure. Oldmanson, le seul auteur qui ait observé de pareils faits, use comme véhicule de la paraffine, que je n'ai jamais employée, et que les partisans de la méthode ont toujours répudiée comme s'absorbant trop vite et laissant au sein des tissus une matière pulvérulente non transformée et dépourvue de zone protectrice. C'est à la pétro-vaseline que j'emploie que je dois peut-être d'avoir évité cet accident.

« d) L'injection de calomel est un remède trop violent, « une médication de cheval », a dit un célèbre professeur étranger. Qu'il me suffise de vous dire que, sur plus d'un millier de cas dans lesquels j'en ai fait usage, je n'ai pas eu un accident grave à déplorer, si j'excepte le cas d'une épileptique qui souffrit pendant une semaine de stomatite avec accidents généraux, et guérit fort bien, d'ailleurs. Les stomatites, même légères, et l'entérite sont tout à fait exceptionnelles. Au reste, je ne conseille pas d'agir en aveugle, et je pense qu'il faut s'abstenir quand l'examen des urines révèle une albuminurie notable.

« Plus j'examine cette grave question, plus je me convaincs qu'aucun argument ne peut valablement être opposé à la thèse que je m'efforce de faire triompher. Si le chirurgien n'a pas recours à cette admirable méthode, ce n'est pas, ce ne peut pas être qu'il la condamne, c'est qu'il l'ignore. Voilà pourquoi j'ai considéré comme un devoir de la faire connaître. On peut la discuter comme thérapeutique de choix dans l'attaque méthodique de la syphilis, traitée à loisir, au fur et à mesure de son évolution; mais tous ses inconvénients éventuels disparaissent

TRAITEMENT DE LA SYJ'IUUS

un l'ace du danger d'une intervention retardée. Quand s'agite le doute d'une dégénérescence maligne, toutes les objections tombent devant celte double donnée parfaitement établie et qui me servira de conclusions :

« 1° Le diagnostic thérapeutique de la syphilis est clairement décidé en huit jours par l'injection de calomel.

« 2° En cas d'insuccès, ce mode de traitement n'apporte aucun obstacle à l'opération nécessaire et ne complique en rien ses suites. »

INJECTIONS HYPODERMIQUES d'hUILE GRISE DE MERCURE1

Les accidents locaux causés par les injections de calomel, quoique bien atténués par le perfectionnement de la technique et la pureté des substances, déterminèrent plusieurs observateurs à essayer d'autres composés insolubles. Un médecin de Vienne, M. Lang, imagina de recourir au mercure pour ces injections sous-cutanées, en l'éteignant dans de la graisse et de l'huile, de façon à obtenir un mélange demi-liquide, une sorte d'onguent mercuriel fluidifié. Pour stériliser celte huile qu'il désigna sous le nom d'huile gi'ise (oleum cinereum), M. Lang y ajoutait de l'acide phénique et faisait chauffer le mélange, ce qui n'altérait pas sensiblement le mercure et suffisait pour détruire les germes des micro-organismes.

La formule de ce savant praticien a été plusieurs fois modifiée par lui-même, puis successivement améliorée par MM. Neisser et Balzer.

Voici quelles sont aujourd'hui les formules les plus usitées :

1f> Mercure purifié 20 grammes.

Lanoline 5 —

Vaseline liquide 35 —

% Mercure purifié 20 grammes.

Teinture de benjoin 5 —

Huile de vaseline 40 —

i. Lang, Zur Syphilis thérapie Wicn. mèd. Wochenschrift, 1886 et 1889. D'après l'éminenl syphiliographe de Vienne, la syphilis peut guérir spontanément, surtout quand on observe la loi générale de l'hygiène. On ne possède aucun critérium permettant de juger si la guérison est durable, c'est-à-dire s'il ne se manifestera plus jamais de symptômes syphilitiques. — Le résultat principal des merctiriaux et, en particulier, les frictions qui constituent le mode le plus actif du traitement, est moins une guérison radicale qu'une disparition momentanée et un retard apporté à l'invasion des accidents syphilitiques. — Fut-il démontré que, par l'emploi du mercure, les lésions syphilitiques graves des os et d'autres organes surviennent plus fréquemment que dans les cas où la maladie a été abandonnée à elle-même, il n'en serait pas moins indiqué, en cas de troubles du système nerveux ce u Irai et des organes dos sens, etc., d'intervenir par des agents antisyphililiques énergiques, et en première ligne par le mercure, pour provoquer la résorption des produits morbides aussi rapidement que possible.

l'AR LES INJECTIONS D'HUILE GRISE' DE MERCURE.

Dans la première formule, un dixième de seringue de Pravaz équivaut à 5 centigrammes de mercure métallique. On injecte ce dixième de seringue de huit en huit jours.

Dans la seconde formule, la contenance de la seringue de Pravaz correspond à 36 centigrammes de mercure métallique. On peut porter l'injection au quart ou au tiers de la seringue.

M. Lang évaluait, d'une manière approximative, à 23 centigrammes la quantité de mercure métallique contenue dans un centimètre cube de son huile grise à 20 pour 100. Pour introduire dans le corps 23 centigrammes de mercure métallique il faudrait 31 centigrammes de sublimé. Donc la quanLité de mercure contenue dans un centimètre cube d'huile grise est égale à celle qui est contenue dans 31 seringues d'une solution de sublimé à 1 pour 100; et, d'après M. Lang, l'efficacité du mercure sous forme de sublimé est très inférieure à celle du métal.

Un à un dixième et demi de la seringue lui paraît suffisant pour une injection et alors on en fait deux par semaine. Ou bien, si on ne la fait que tous les huit ou quinze jours, on augmente la quantité introduite ; mais il faut alors veiller au mercurialisme.

La région dorsale a été choisie par l'auteur. Il n'applique pas son traitement aux sujets qui ont la peau fine et flétrie.

Il s'en sert pour le traitement local et régional; mais alors la quantité doit être d'autant plus faible que l'injection est faite dans un point plus rapproché du foyer morbide (le cinquantième ou le centième d'un centimètre cube).

Après une seule injection faite au niveau de la partie inférieure de l'abdomen, il a observé une diminution des ganglions inguinaux; et l'injection d'un dixième de seringue de Pravaz, pratiquée sur la nuque a amené la fonte d'une lymphadénie mastoïdienne.

Très bons résultats thérapeutiques obtenus par l'auteur dans les accidents tertiaires aussi bien que dans les secondaires. Des foyers gommeux en voie de ramollissement, des gommes périostales du front furent modifiés très vite et très favorablement par une fort petite quantité d'huile mercuricllc injectée dans leur voisinage. Quand les lésions ont une grande tendance à suppurer, M. Lang préfère à ces injections locales l'emploi comme toxique de la gaze préparée avec le calomel ou avec du mercure oxydulé.

La méthode de M. Lang, comme traitement général, a été très en vogue dans ces dernières années. On s'accorde à reconnaître que l'huile grise n'irrite pas les tissus, qu'elle est peu douloureuse, bien

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