INJECTIONS HYPODERMIQUES D'OXYDE JAUNE DE MERCURE
En 1886, un émincnt médecin dont il a été parlé plus haut, à propos des injections de calomel, M. le docteur Watraszewski. découragé par les accidents qu'occasionnait ce composé, rechercha parmi les divers oxydes de mercure ceux qui pourraient le remplacer avantageusement dans la thérapie sous-culanée de la syphilis.
\. Depuis près de trois ans, mon collègue et ami M. L. Le Pileur, médecin de Saint-Lazare, n'emploie plus dans son service que les injections d'huile grise sur lesquelles il a fait faire une thèse. L'Huile grise dans le traitement de la syphilis. — J. Thérault, 1893, Paris. Il se sert de la formule de Vigier, communiquée, en 1889, à la Société de thérapeutique :
Vaseline blanche liquide 5 grammes
Onguent napolitain £'
Mercure ' 39 —
Triturer un quart d'heure et ajouter :
Vaseline blanche solide 14 —
Vaseline liquide 40 —
Ce produit renferme exactement 40 centièmes de mercure.
M. Le Pileur injecte dans le muscle 3 goultes 1/2 d'huile grise, ce qui fait 7 centigrammes de mercure.
Les piqûres sont faites tous les dix jours alternativement dans une fesse e! dans l'autre. Au début de la syphilis, il fait de 4 à 6 injections suivant la gravité des cas. — Plus tard, il les reprend par séries de 3 ou 4.
M. Le Pileur n'a qu'à se louer de ce traitement auquel il reconnaît les avantages suivants : 1° Certitude de traitement. — Les prostituées, en effet, prenaient les pilules très irrégulièrement. — 2° Aucun trouble des fonctions de l'estomac ou des intestins. — 3° Rareté beaucoup plus grande de la salivation mercurielle. 60 pour 100 environ. — 4° Réaction locale: nulle ou presque nulle. — Un seul abcès, guéri en quatre jours, sur plus de 2 000 piqûres représentant environ 2;i0 malades traitées. — o° Douleur extrêmement variable ; — nulle chez certains sujets, assez marquée chez d'au 1res ou môme chez celui qui n'a rien éprouvé aux 3 ou 4 premières piqûres; jamais assez forle pour entraver le traitement, sauf chez quelques malades des deux sexes d'une pusillanimité extrême; de beaucoup inférieure, en tout cas, à celle que causent les injections de calomel ou d'oxyde jaune.
Dans un article dont le titre est assez piquant : 17?» point noir dans Pkitile grisé (Bull, méd., 1888, n" 72), Diday n'était point hostile aux injections d'huile grise. D'après lui, l'absorption du mercure se fait certainement. Elle ne saurait manquer. N'est-elle pas surabondamment prouvée par l'effroyable stomatite survenue chez une malade observée par M. Hallopcau ? Dans ce cas, il est vrai, la dose réglementaire avait été triplée. — Mais, ajoutait Diday, si la vérole s'accommode de l'huile grise, si celte huile est tolérée par le tissu cellulaire, puisqu'on n'observe plus ni abcès ni intilt ration douloureuse, l'adhésion des clients manque. Ils ne reviennent pas à jour fixe chez le médecin, le traitement de la vérole devant être discret.