KON'TE ET NÉCHOMOSE DES NODOSITÉS
laire conjonctive périphérique, et sclérose se substituant au foyer de ce petit laboratoire chimique intra-musculaire et ne se résolvant qu'à la longue : voilà ce qui se passe lorsque les nodi n'entraînent aucune complication et aboutissent spontanément à la guérison.
Ce processus résolutif ne s'effectue qu'au bout de deux ou trois septénaires. Quand il en est ainsi et que la douleur ou la gène sont minimes et de peu de durée, on ne peut rien souhaiter de mieux, du moins jusqu'à présent. Il est juste de reconnaître que ce résultat relativement favorable est devenu de plus en plus fréquent, grâce à l'amélioration de la technique opératoire.
Toutefois, les nodules sont encore susceptibles de se transformer en abcès. — Il n'y a pas longtemps c'était presque la règle ; aujourd'hui c'est l'exception. Il ne faut pas prendre le mot abcès dans son acception ordinaire. Ce qui se produit en pareil cas est une fonte nécrobiotique du nodus, dans laquelle il n'y a aucun microbe pathogène.
Les recherches de M. le docteur Balzer et les expériences de M. Mazza [Arch. f. Dermat und Syph., Helft 2, 1891) l'ont très bien établi. Ce dernier auteur injectait à des chiens tantôt du calomel stérilisé, tantôt du calomcl mélangé à des staphylocoques, en activité, et, dans l'un et l'autre cas, il se formait également du pus, ce qui prouve bien que les staphylocoques ne sont pas, en pareil cas, indispensables à la production de l'abcès, et que l'antisepsie la plus parfaite est souvent incapable de le prévenir1.
Quoi qu'il en soit de ce processus, l'injection des sels insolubles aboutit parfois à la formation d'un foyer liquide, constitué par un pus de couleur chocolaL. Ce foyer s'enflamme, s'ouvre, se gangrène quelquefois et donne lieu aux désagréments d'une lésion, toujours longue à guérir, et qui peut entraîner une perle de substance considérable, avec dépression circalricielle profonde et ineffaçable.
Un fait que j'ai constaté, c'est qu'il se produit presque toujours une élévation de température au niveau du point injecté, dans une étendue plus ou moins considérable, alors même qu'il y a peu d'infiltration et que la peau a conservé sa coloration normale. L'appli-
1. Quand on n'ouvre pas l'abcès trop tôt, on ne trouve dans le pus que des traces minimes de mercure ou même pas du tout. M. Lang n'en a jamais découvert dans le pus des abcès consécutifs aux injections d'huile ^rise. MM. Fiiif.-or et Wega ont fait la même remarque. Parmi les expérimentateurs qui ont bien étudie les particularités que présentent ces abcès, il faut citer M. Neisser. Jamais, dit ce savant médecin, il n'y a de microorgahisriieS ni dans le pus, ni dans les coupes de l'iûflitrfttion, ni dans les cultures.
STOMATITE PAB INJECTIONS PROFONDES. H5
cation de compresses imbibées d'eau froide boriquée et le repos suffisent pour la faire diminuer. Cette médication très simple calme aussi la douleur et contribue à faire résorber les infiltrations, même quand il y a de la fluctuation. Aussi ne faut-il pas les ouvrir trop tôt.
Beaucoup d'auteurs s'accordent à dire que les injections massives n'offrent plus aucun danger local, et que la légère tuméfaction qu'elles provoquent au point piqué n'est plus, vers la fin de la deuxième semaine, qu'une nodosité indolente, grosse comme un noyau de cerise. Dans la plupart des cas, l'infiltration disparaîtrait complètement même le second jour après l'injection.
Je crois qu'une terminaison aussi heureuse et aussi prompte est l'exception. Il fauLs'attendre à quelque chose de plus sérieux. Tout patient qui a reçu clans la fesse un dépôt de préparation mercurielle insoluble court des risques de souffrir pendant plusieurs jours, d'être gêné dans les mouvements du membre correspondant, de boiter et même d'être condamné à garder le repos complet.
Qu'on ajoute à ces désagréments locaux les dangers de complications plus graves, telles que la gangrène résultant non plus d'une nécrobiose moléculaire, mais d'une destruction rapide et en bloc, sur une étendue plus ou moins considérable du foyer de l'injection. Qu'on y ajoute aussi l'éventualité possible de lymphiles, de phlébites, d'érysipèle, etc., et on verra que les craintes qu'inspirèrent et qu'inspirent encore les injections insolubles ne sont pas purement chimériques.
III. Les dangers provenant de l'intoxication hydrargyrique ont encore plus de gravité. La stomatite est loin de se produire dans tous les cas. Mais cette méthode est loin aussi d'en préserver plus que les autres, comme on l'a prétendu. Elle y expose autant que les frictions, puisque la dose massive de mercure introduite en une fois dans l'organisme peut donner lieu à une absorption très rapide. Pouvons-nous calculer cette absorption? Non. La plupart du temps, il est vrai, elle s'effectue graduellement et peu à peu; mais d'autres Fois n'est-elle pas foudroyante?
Et ce qui augmente encore ses dangers, c'est que nous n'avons aucun moyen de l'arrêter. Comment supprimer le foyer d'intoxication? Avec les autres procédés, au moindre éveil, vous coupez court au processus, ou du moins à ce qui l'alimente et l'aggrave. Ici ce n'est pas possible. La source est hors de notre portée. Malgré nous,