‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 129 sur 610 · PRODUIT PAR LES INJECTIONS MASSIVES · texte numérisé non relu

PRODUIT PAR LES INJECTIONS MASSIVES

La mort peut se produire à la suite des injections massives, non seulement par empoisonnement aigu s'attaquant aux forces radicales, mais subitement, par embolies pulmonaires, lorsque les matériaux mcrcuriels ont malheureusement été introduits dans une veine. D'après M. Lewin, ces embolies pulmonaires auraient été observées cinq fois ; deux fois, il y aurait eu mort subite après des injections d'huile grise. (Mercredi méd., 20 juillet 1892.)

V. Faut-il rendre les injections de sels insolubles responsables de quelques accidents graves qui se sont développés parfois chez certains malades, du coté du rein et du cerveau? Est-il vrai aussi qu'elles favoriseraient l'apparition des formes ulcéreuses de la maladie, soit sur la peau, soit sur les muqueuses? (Du Castel.)

Ces reproches sont tellement graves qu'ils n'auraient pas manqué de porter un coup fatal à la pratique des injections de sels insolubles, si l'expérience avait démontré qu'ils étaient pleinement justifiés. Nul doute que des troubles méningï tiques ne se soient produits dans le cours de ce traitement. Mais il faut reconnaître que c'est dans une infime proportion. Et puis, rien ne prouve catégoriquement que le mercure, ainsi introduit dans l'organisme, a été leur cause directe, et que sans lui ils n'auraient pas eu lieu.

Peut-être serait-il plus équitable et plus vrai de dire qu'il ne les a pas prévenus. Le hasard ne joue-t-il pas un grand rôle dans des cas aussi exceptionnels que celui-ci, par exemple? Un malade, à qui M. Du Castel avait pratiqué six injections de calomel pour une syphilis intense, et qui n'était nullement albuminurique, mourut quelques mois après, dans un hôpital, de néphrite albumineuse.

VI. Parmi les phénomènes de X empoisonnement mercuriel aigu, que sont susceptibles de produire les injections insolubles, ceux qui s'observent du côté de l'appareil digestif ne paraissent venir qu'en seconde ligne. Pour ma part, je ne les ai pas observés une seule fois ; mais ils ont été notés par d'autres observateurs, surtout lorsque la méthode, à son début, sévissait avec cette déplorable activité toxique dont on a relaté tant d'exemples, Les troubles gastro-intestinaux provoqués n'ont, en pareil cas, rien de particulier. Ils consistent toujours, comme dans l'intoxication mercurielle produite par d'autres procédés, en vomissements, coliques plus ou moins douloureuses, et surtout en selles liquides, simplement diarrhéiques ou fétides et sanguinolentes.

Il se produit alors une véritable dysenterie mercurielle qui

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EXAMEN fililTIQl'E DE LA MÉTHODE

débilite très rapidement los malades, et contribue peut-être plus duc tous les autres accidents hydrargyriques, à les jeter rapidement dans un état cachectique d'autant plus grave qu'on ne peut que le pallier, sans en tarir la source, puisque nous n'avons plus aucune prise sur le mercure injecté.

VII. Les graves accusations que je viens de porter contre la méthode ne procèdent pas de phénomènes toxiques nouveaux qui lui soient exclusivement propres. Retranchez ceux d'ordre local, au niveau de la piqûre, vous ne trouverez dans tous les autres que le résultat ordinaire de l'intoxication hydrargyrique, sans aucune malignité particulière qui. en aggrave le danger.

Ce danger résulte sans doute de son caractère parfois foudroyanl et généralisé, mais, bien plus encore, de l'impossibilité où nous nous trouvons de couper court à cette fatale absorption du mercure dans le foyer inaccessible où nous l'avons porté. N'est-il pas navrant d'assister à un pareil spectacle et de voir se développer, successivement ou tout d'un coup, ce grave processus d'empoisonnement, sans avoir à lui opposer autre chose que des palliatifs insignifiants ou inertes?

Pour être juste, il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui la pratique des injections insolubles donne rarement lieu, chez le même patient, à la plénitude de ses effets nuisibles. Et même, si nous prenions au hasard un nombre très considérable d'injectés, peutêtre aurions-nous quelque peine, en additionnant les phénomènes toxiques dont quelques-uns d'entre eux auraient été victimes, à composer un tableau très complet de l'hydrargyrisme violent.

J'ai expérimenté cette méthode pour me faire à son sujet une opinion personnelle. Comme je la redoutais, j'en ai toujours usé avec la plus extrême circonspection. Je dois avouer que je n'ai pas eu lieu jusqu'à présent de déplorer mes tentatives, et néanmoins je n'en suis pas un partisan décidé. Dans les conditions où se présente actuellement la syphilis, le traitement par les injections insolubles me semble devoir devenir de plus en plus exceptionnel,

En voici les raisons :

1° Quelle que soit notre prudence dans le procédé opératoire, il y a une de ses conséquences locales que vous n'éviterez jamais complètement: c'est la tuméfaction douloureuse sous le point piqué. Il se l'orme toujours dans les I issus sous^cutanés un Qodus qui se résout lentement et qui, pendant plusieurs jours, cause des souffrances plus ou moins vives. Ces souffrances spontanées et provo-

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