‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 130 sur 610 · DE TRAITEMENT PAU LES INJECTIONS INSOLUBLES · texte numérisé non relu

DE TRAITEMENT PAU LES INJECTIONS INSOLUBLES

quées atteignent quelquefois une grande intensité; elles empêchent le sommeil, gênent le décubitus, la marche et provoquent de la claudication. Les malades sont condamnés à garder le repos. Rien que ce fait, même à un très faible degré, est capital contre la méthode. Ne faudrait-il pas qu'un malade fût très gravement atteint pour l'exposer, dans le but de le guérir, à garder le lit, la chambre pendant plusieurs jours, à boiter peut-être pendant une ou deux semaines?

2° Les bénéfices qu'on retire de la méthode me semblent avoir été surfaits. Maintes fois mes espérances, à cet égard-là, ont été déçues. Quand je comparais le résultat thérapeutique de ce mode d'injection à ses inconvénients, même sous leurs formes les plus mitigées, je regrettais de l'avoir employé. Je me disais qu'avec la méthode stomacale, j'aurais obtenu, dans le même laps de temps, à peu de chose près, le même degré de guérison.

3° Ici, comme dans les autres procédés, j'ai constaté que la vertu curative ne s'obtenait souvent que lorsqu'il survenait de la salivation. Ainsi, chez un jeune homme de mon service qui avait une syphilide papuleuse confluente de la face, sous forme de plaques cutanées, je fis inutilement trois ou quatre injections de calomel. Chacune d'elles causa un nodus douloureux, avec tous les ennuis qui l'accompagnent, pour le fonctionnement des membres inférieurs. Mais la syphilide faciale ne fut que très peu modifiée, contrairement à mes prévisions, car ce cas était un de ceux dans lesquels réussissent le mieux ces sortes d'injections. J'allais y renoncer, quand, je ne sais trop pourquoi, et malgré mon découragement, je me résignai, avec le consentement du malade, à en faire une autre. Eh bien, celle-ci produisit une assez vive salivation mercurielle, et, presque instantanément, les plaques cutanées pâlirent, devinrent squameuses, s'affaissèrent et disparurent. Ce fut une guérison à vue d'oeil. Je m'en tins là, très satisfait de ce résultat tardif et inattendu ; mais je l'aurais été encore plus si toute trace de cette malencontreuse syphilide faciale avait été effacée. Malheureusement, il n'en fut pas ainsi; des macules pigmentaires, d'un brun foncé, restèrent comme un stigmate longtemps indélébile. L'injection insoluble, pas plus que les autres méthodes, n'avait pu les empêcher.

4° On a beaucoup vanté l'effet préventif de cette méthode. C'est là nui' erreur contre laquelle je ne saurais trop ta'élever. .l'ai vu dos récidives se produire à bref délai, sous la forme la plus grave, après

Page 1