‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 13 sur 610 · ORIGINES EXOTIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINES EXOTIQUES

avec une impitoyable ardeur : le mercure et L'obscurantisme. S'il ne les extermina pas tous les doux, ce ne fut point sa faute.

Le mercure ne mourut pas du coup, mais la blessure qu'il reçut fut terrible. On le proscrivit presque partout. Les fondateurs de l'hôpital de Saint-Job, à Bologne, inscrivirent parmi leurs statuts la défense absolue de faire usage de pommade contenant du vifargent.

§ III. — Traitement végétal.

Le règne du gaïac était proche. Rien ne montre mieux que son histoire la grandeur et la décadence de certains remèdes. Les pauvres syphilitiques , vers les premières années du seizième siècle, ne savaient plus à quels médecins ni à quels médicaments se vouer. Ils en avaient plus souffert que de leur maladie. Le gaïac ne sera-t-il pas leur sauveur? Comment en douter? Il a le prestige d'une origine lointaine. IL vient des Indes Occidentales comme la syphilis1. N'est-il pas évident, pensait-on, que la Providence, dans son inépuisable bonté, a fait pousser le remède à côté du mal ?

Comment fut-il connu en Europe ? Ecoutez Brassavole :

« Un certain Gonzalez était, dit-il, cruellement tourmenté de la vérole. Ayant essayé inutilement de tous les autres secours et frappé des merveilles que l'on publiait de ce bois, il s'embarqua pour aller aux îles nouvellement découvertes; il s'y fit traiter et fut guéri. Et, en revenant ensuite en Portugal, il y exerça les fonctions de médecin et traita la vérole de la même manière qu'il avait été traité lui-même par un médecin indien! » — D'après d'autres : « Un Espagnol qui avait pris la vérole avec une concubine indienne et qui souffrait de cruelles douleurs, ayant bu de l'eau de gaïac que lui donna un serviteur indien qui faisait le

manifestations de la syphilis, ce n'était que momentanément, et qu'elles reparaissaient plus graves, plus nombreuses, plus rebelles après la cessation du traitement hydrargyrique, N'est-ce pas l'argument dont se sont servis, avec un grand étalage de paradoxes, les antimercurialistes modernes? Montanus accusait aussi le mercure de produire l'épilepsie et l'ulcération des poumons. Ceux qui y échappaient ne le devaient, d'après lui, qu'à la vigueur de leur constitution.

1. « Ce qui contribua le plus, dit Astruc, à mettre en crédit ce remède, en Europe, fut le traité dllulten, imprimé en 1519, que j'ai déjà cité, où cet auteur, si connu dans le monde par les liaisons et par les brouilleries qu'il oui successivement avec Erasme, déclarait nettement, qu'ayant été attaqué lui-même depuis neuf ans d'une vérole terrible, avec des douleurs cruelles, quantité d'exostoses, des ulcères et des caries dans les os, amaigrissement extrême de tout le corps et marasme opiniâtre, il avait inutilement essayé, jusqu'à onze fois, l'usage des frictions mercurielles, et qu'après des tourmente et des dangers inconcevables, comme on désespérait universellement de son salut, il avait été parfaitement et heureusement guéri par la seule décoction de gaïac, dont il usa pendant trente jours, suivant la méthode que nous avons proposée. »

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