INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
Je traitement par des séries d'injections insolubles. Bien plus, pendant le traitement, de graves poussées de syphilides ulcéreuses ont eu lieu quelquefois. Mon ami, le docteur Du Castel, en a observé un cas. Il s'agissait, il est vrai, d'une syphilis des plus graves qui résista à toutes les médications spécifiques les plus variées et les plus intensives, détruisit le nez et produisit une atrésic buccale cicatricielle, si prononcée qu'on pouvait difficilement faire pénétrer dans la bouche une pièce de 50 centimes.
5° Donc, dans les syphilis essentiellement malignes, cette méthode si puissante échoue quelquefois. Elle ne prévient pas plus que les autres les récidives qui se produisent fatalement, jusqu'à l'heure où l'infection s'épuise d'elle-même ou est neutralisée par le temps et par ce qui reste de force réactive dans l'organisme.
6° Si elle est parfois d'une grande efficacité dans les formes sèches, dans les papulations confluentes et d'une exubérance excessive, dans les syphilides tuberculeuses atrophiques et même dans celles qui sont ulcéreuses, mais lentes en leur processus, par contre, elle a beaucoup moins de prise sur les formes ulcéreuses d'emblée, sur les impétigos étendus, les ecthymas profonds et phagédéniques, sur les dermopathies cutanées ou muqueuses malignes, à désorganisation rapide, à puissance infectieuse promptement cachectisante.
7° Du moment qu'elle n'est pas plus avantageuse, dans un grand nombre de cas, que d'autres méthodes beaucoup plus maniables et moins dangereuses, n'est-il pas clair que son application se restreint singulièrement? Je suis convaincu qu'on y aura de moins en moins recours, lorsque l'engouement qu'on a pour elle s'atténuera par la force des choses. N'est-ce pas du reste ce qui a lieu depuis quelque temps? La sélection des cas qui se prêtent à l'emploi de cette méthode se fait avec plus de rigueur et de discernement, et le nombre de ces cas diminue, puisqu'il me parait à peu près établi que la syphilis est moins active et moins dangereuse qu'autrefois, dans quelques-unes de ses manifestations.
Malgré mon désir de guérir très rapidement mes malades, je n'en trouve qu'un fort petit nombre, dans mon hôpital, chez lesquels les avantages de cette méthode me permettent consciencieusement d'y recourir. Et si ces mêmes malades, au lieu d'être ;i L'hôpital, étaient chez eux, je ne leur conseillerais pas de s'exposer au désagrément de voir leurs occupations interrompues par le fait de la piqûre (sans compter les autres inconvénients possibles), pour obtenir une gué-