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DU TRAITEMENT PAR LES INJECTIONS MASSIVES

rison un peu plus rapide peut-être, mais, assurément, pas plus radicale que par les autres méthodes.

8° Dans la syphilis primitive, l'indication de recourir aux injections massives se présente très rarement. Je ne les ai employées qu'une fois, chez un jeune homme qui entra dans mon service pour un chancre infectant énorme de la lèvre inférieure, datant de trois semaines. Après une première injection, il survint très vite un mieux fort sensible, puisque, au bout de trois jours, la tumeur avait diminué de moitié et commençait à se cicatriser. Mais, deux semaines après, le chancre s'ulcéra de nouveau et revint à son volume primitif. Deuxième injection qui, en trois jours également, produisit une amélioration très considérable de la sclérose primitive. Malgré cette action curativo remarquable, la syphilis secondaire apparut à son époque habituelle et se traduisit par de grosses papules qui poussèrent çà et là sur le tronc et sur les membres.

VIII. Les indications de cette méthode sont à peu près les mêmes que celles des frictions. H y a entre elles une analogie frappante. Ainsi, jamais elles ne réussissent mieux que clans la phase secondaire et sur ses limites extrêmes, dans les éruptions sèches très confiuentes, dans les innombrables variétés de papulodermies qui, bien que résolutives, n'en finissent pas, ou bien dans celles qui s'érodent, ont même des velléités ulcéreuses et les allures des tuberculodermies bénignes.

Dans les syphilides très franchement tertiaires et à sécrétion purulente copieuse, les injections massives m'ont semblé moins réussir. Et puis, en pareil cas, peut-on s'empêcher de recourir à l'iodure de potassium, qui donne presque toujours de si merveilleux résultats?

Est-il besoin de dire qu'on doit s'interdire absolument cette méthode, violente et toujours incommode ou dangereuse par quelques côtés, dans la syphilis à manifestations superficielles, résolutives et éphémères? Ces sortes de syphilis forment aujourd'hui l'immense majorité des cas, dans la pratique civile et même dans les hôpitaux. Attaquerons-nous les roséoles, les plaques muqueuses, par exemple, et la plupart des accidents secondaires de très médiocre intensité, qui sont si fréquents dans cette période, avec un moyen dont les inconvénients, même minimes, peuvent être assurément bien des fois pires que le mal qu'ils doivent combattre?

Si j'insiste sur les reproches très fondés que méritent les injec-

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lions de sels insolubles, c'est qu'on a une grande tendance à en abuser et à en faire une méthode usuelle qu'on inflige, sans discernement, à tous les cas de syphilis. N'est-ce pas le même abus que pour les frictions? Combien n'ai-je pas vu de malades qui avaient subi, en Allemagne ou ailleurs, un traitement méthodique et complet par les frictions pour des syphilis secondaires insignifiantes, et qui n'en étaient guère plus avancés que s'ils s'étaient soignés tout simplement par la méthode stomacale !

De pareils résultats, qui sont tout aussi communs avec la méthode des injections massives, finiront sans doute par éclairer les praticiens et les malades, et par leur faire comprendre ce qu'il y a d'illogique, de dangereux et d'inutile dans ce défaut de mesure en fait de traitement.

Je ne cesserai de répéter que les frictions et les injections insolubles, surtout ces dernières, sont des méthodes exceptionnelles, auxquelles on ne doit recourir que quand l'urgence les impose pour une raison ou pour une autre, ou lorsqu'il a été péremptoirement démontré que la méthode stomacale est impossible, à cause du mauvais état des voies digestives, inapplicable par conséquent, ou bien quand elle a donné des preuves incontestables de son insuffisance.

IX. Les injections massives, avec leur apparence de précision dans le dosage et dans l'intervalle qu'on met à les faire, constituent un procédé essentiellement incertain. Connaît-on seulement les réactions chimiques qui se produisent au sein des tissus? Et, d'abord, auront-elles lieu? N'y a-t-il pas des circonstances qui seront de nature à les entraver ou à les retarder? Si le processus inflammatoire qui se fait autour du foyer les isole et les encapsule, les convertit en une sorte de kyste imperméable, ne seront-elles pas condamnées à l'inertie?

El, plus tard, si les parois de ce foyer deviennent perméables, voilà qu'une masse de mercure s'ajoutera à d'autres, résultant d'injections subséquentes, et un hydrargyrisme suraigu pourra se produire.

Le mécanisme de l'absorption interstitielle nous échappe. Serat-il lent ou rapide? S'accomplira-l il par fractions modérées ou bien en bloc et dans un très court délai? Nous n'en savons rien. Au surplus, alors même que nous le saurions, dépendrait-il de nous de le régler à notre gré el au mieux de l'action thérapeutique, soit en

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