SONT LES PRÉPARATIONS LES PLUS UNIVERSELLEMENT EMPLOYÉES
supériorité marquée sur l'autre. Je les emploie tous les deux à peu près indifféremment. Il m'arrive souvent d'alterner leur administration chez le même malade, à des intervalles plus ou moins éloignés, pour éviter l'accoutumance. Presque toujours, je commence le traitement par le protoiodure, et plus tard, quand son action curative paraît se ralentir, je donne le sublimé. Mais je suis fort éclectique et je n'ai pas pu parvenir encore à me passionner, comme le font quelques praticiens, soit pour l'une, soit pour l'autre de ces préparations. Au surplus, leur différence, en tant que spécifiques de la syphilis, est si minime, à supposer qu'elle existe, que je trouve inutile de m'immobiliser pour l'un des deux dans une prédilection constante et une fidélité inébranlable.
Afin de justifier ce qui précède, développons leur parallèle à tous les points de vue. Ils en valent la peine, puisque ce sont encore les plus en vogue dans la pratique de presque tous les pays, et principalement de la France.
A. Leur action sur le tube digestif présente des différences assez considérables. Le sublimé, qui est un toxique violent et corrosif, attaque l'estomac plutôt que les intestins, quand on s'en tient aux faibles doses thérapeutiques. Pincement au creux de l'estomac, ayant le caractère crampoïde, douleurs gastralgiques irradiantes ou fixes, coliques, sensations de brûlure, de torsion, etc. : tels sont les troubles que quelques malades se plaignent d'éprouver au début du traitement.
Peu à peu ces troubles s'atténuent et disparaissent ; mais ils persistent quelquefois et produisent une véritable gastralgie toxique qui ne se borne pas aux sensations pénibles, mais trouble plus ou moins profondément la digestion. Les femmes supportent, en général, beaucoup moins que les hommes, le traitement par le sublimé. Alors même qu'il est bien toléré, il est prudent de n'en pas trop prolonger l'usage. J'ai vu cependant des malades en prendre, bien que je ne le leur eusse pas conseillé, la dose de 4 ou 5 centigrammes par jour, pendant plusieurs mois, sans en être incommodés. Mais c'est un remède qui a besoin d'être surveillé, et dont on fera bien de suspendre l'usage, au bout de trois ou quatre semaines, pour y revenir ensuite.
Il faudra toujours recommander aux malades de bien avaler les pilules de sublimé, non seulement avec un peu d'eau, mais en mangeant quelque chose de solide, pour les pousser jusque dans l'estomac. J'ai vu quelquefois une de ces pilules, qui s'était arrêtée