‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 153 sur 610 · DANS L'ESTOMAC ET LES INTESTINS · texte numérisé non relu

DANS L'ESTOMAC ET LES INTESTINS

de mercure. Voilà le sel mercuriel qui circulerait clans le sang.

Suivant Mialhe, la quantité de bichlorure résultant des réactions gastro-intestinales serait loin d'être toujours la môme pour les différents composés mercuriels. Les deutosels en fourniraient une quantité plus grande que les protosels. Aussi leur action serait-elle beaucoup plus énergique. Le mercure métallique, d'après cette théorie, ne devrait se transformer que très lentement, n'exercer qu'une faible action curative ou toxique. Or, la pratique ne nous apprend-elle pas qu'il en est tout autrement?

IL Les travaux de Rabuteau, ceux de M. Merget sur la volatilisation du mercure, qui est telle, d'après lui, que ses molécules se dégagent avec une très grande vitesse ; d'autres travaux récents, en divers pays, firent ressortir ce qu'avaient peut-être d'un peu étroit et de trop absolu les idées de Mialhe. Rabuteau supposa gratuitement, el sans en donner une preuve certaine, que la plupart des combinaisons mercurielles introduites dans l'organisme se trouvaient, par une série de mutations, définitivement réduites à l'état de mercure métallique. Ainsi, le protochlorure de mercure ou calomel se décomposerait successivement en mercure libre et en bichlorure ou sublimé, lequel, étant soluble et absorbable, passerait dans la circulation, où le liquide sanguin le réduirait lentement en chlorure de sodium et en mercure métallique. Le protoiodure se transformerait en mercure libre et en biiodure de mercure qui, par sa décomposition dans le sang, donnerait du mercure libre et un iodure de sodium que l'on retrouverait dans les urines.

Il est possible que, dans les hypothèses de Rabuteau, il y ait un fond de vérité. Mais il faut bien reconnaître, et lui-même l'avoue, qu'elles reposent plutôt sur des probabilités que sur des expériences positives.

Plus tard, Byasson, puis M. Blovez, dans une thèse soutenue à Bordeaux, s'occupèrent des transformations que subissent les composés mercuriels ingérés, et ils arrivèrent, tous les deux à peu près aux mêmes résultais. Il se formerait, quel que soit le composé mercuriel : 1° du mercure libre; 2° un composé mercuriel soluble; 3° un albumiiKi le ou peptonate, eu un mot un composé assimilable: 4° un composé non assimilable, qui serait expulsé avec les matières fécales. Ainsi, tout composé mercuriel donne lieu finalement, sinon en totalité, <lu moins en partie, à du mercure libre. Mais que d'incertitudes, que d'obscurités, que d'hypothèses !

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THÉORIES SUlt LES TRANSFORMATION S

III. Elles sont encore plus grandes quand on irisât expliquer ce qui se passe dans le milieu sanguin. Comment tel ou tel principe mercuriel, plus ou moins transformé par la digestion, par la peau, par les tissus, se comporte-t-il lorsqu'il a pénétré dans la circulation? Quelle action cxerce-t-il sur le sérum? Quejle action sur l'hémoglobine? Se forme-t-il, comme le suppose Voit, un albuminate d'oxyde de mercure qui englobe le virus ou le microbe syphilitique, lequel est sans doute aussi une substance albumineuse? Agit-il en modifiant le terrain dans lequel croissent et se multiplient les microbes, en le stérilisant de façon à ce .que la vie pour eux y devienne précaire, impossible, ou du moins impropre à les rendre nuisibles ? Attaque-t-il, au contraire, directement le microbe? Le tue-t-il en ne s'en prenant qu'à lui, sans toucher au liquide sanguin, comme il tue, en vertu de sa puissance parasiticide, les pédiculi pubis, par exemple, sans altérer la peau?

Personne ne peut le dire. On ne sait seulement pas s'il y a un microbe syphilitique. Quelle confiance accorder à tous ces faiseurs de théories qui vous parlent de lui, vous racontent ses faits et gestes, comme s'ils l'avaient découvert, suivi et étudié dans toutes les particularités les plus intimes de son existence? Ces chroniqueurs d'un microbe hypothétique sont des fantaisistes dont l'imagination se met facilement en campagne. Mais à quoi tout cela aboutit-il?

IV. MM. Nothnagel etRosbach objectent avec beaucoup de raison à ceux qui ont la prétention de tout expliquer, que rien ne démontre la réalité des modifications subies par l'albumine du sang ou par l'albumine tout hypothétique du principe virulent.

Les néoplasies qui résultent de l'action de ce principe sur nos tissus et constituent les lésions syphilitiques sont plus ou moins rapidement détruites par le mercure, quand on l'administre à des doses curativcs. Aussi a-t-on dit, en voyant la prompt i Inde parfois étonnante de cette résolution, qu'il agissait comme dénutritif ei antiplastique. Mais ce ne serait, dans tous les cas, qu'un dénulritif et un an tiplastique pour les produitsmorbidcs spécifiques seuls, puisqu'il possède un pouvoir reconstituant et tonique qui lui permet, contraiivment aux conceptions qu'on se faisait, de son influence générale sur l'organisme, de guérir très vite la chloro-anémie, la défibrination du sang et tous les troubles constitutionnels résultant, dans quelques cas, de l'envahissement de toute l'économie par le virus syphilitique.

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