‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 154 sur 610 · DU MERCURE DANS LE SANG · texte numérisé non relu

DU MERCURE DANS LE SANG

On a supposé que le mercure et ses composés se combinaient dans le sang- avec l'hémoglobine, et qu'il en résultait une destruction plus ou moins considérable des globules rouges ; que le produit de ces combinaisons était probablement insoluble et susceptible.de déterminer parfois une désorganisation des capillaires.

Toutes ces vues sont hypothétiques. Mais ce qui est bien démontré aujourd'hui par rhémalométrie, c'est que l'action du mercure sur les globules varie du tout au tout suivant les doses. Les remarquables recherches de M.Wilhouchevitch lui ont fait constater que l'hydrargyrisation intensive .et toxique provoque Fhypoglobulie, tandis que celle qui est modérée et ne dépasse pas les limites de l'action curative, arrête, au contraire, la déglobulisation provenant du virus et devient tonique et reconstituante, mais à la condition toutefois de ne pas la prolonger, parce qu'alors elle déglobulise.

M. Keyes, d'accord sur tous les points avec M. Wilbouchevitch, le contredit sur le dernier, et soutient que, peu ou longtemps continué, le mercure, lorsqu'on l'a administré à petites doses, hyperglobulise et tonifie toujours. Les fortes doses sont seules débilitantes.

Les travaux sur cette question sont très nombreux et le deviendront de plus en plus, car elle est d'un haut intérêt théorique et pratique. Qu'en ressort-il pour le moment? A peu près les conclusions suivantes qui ont été tirées par M. E. Robin de ses dénombrements globulaires :

L'absorption du mercure donné par voie dermique ou stomacale, à petites doses chez des individus sains, à dose curative chez des syphilitiques, produit, d'ordinaire, une augmentation du nombre des globules; mais à la condition qu'elle ne détermine ni salivation, ni Lroubles gastro-intestinaux, car alors ces accidents toxiques contrebalancent et détruisent l'hyperglobulisation et l'on voit apparaître l'iiypoglobulie1.

i . Chloro-anémie syphilitique et mercurielle. — Sous ce titre, M. le proi'es- Sètir Stoukovënkôff [de Kièw) à publié d'importantes recherches sur la double question suivante qui est d'un liant intérêt : Quelle est l'influencé sur la composition du sang, de la syphilis d'une part, et d'autre part du traitement mercuriel? — Aucune de ces deux questions n'a reçu une solution précise et satisfaisante. On admet, en général, l'action anémiante de la syphilis, à l'époque de sa généralisation dans l'organisme. Mais cette action n'a-t-cllr pas été surfaite? N'est-il pas très rare de rencontrer des cas d'anémie intense, d'origine exclusivement syphilitique, chez des sujets sains sous tous les autres rapports? — Quant à i'action du mercure sur le sang, elle n'est encore quVhauchée par les expériences de Douèelix sur les animaux (Viirhow^ Archiv., 1864), par l'expérimentation chimique de Polotebnew (Milit. rrn'd.

Page 1