LE MERCURE ET LA SYPHILIS
de théories et de controverses que son introduction par les voies digestives.
I. Quel que soit le procédé qu'on emploie pour oindre ou frictionner la peau avec une préparation mercurielle, il est certain que le métal pénètre sous une forme quelconque dans le torrent circulatoire. Les effets physiologiques, thérapeutiques et toxiques le démontrent surabondamment.
Est-ce le mercure lui-même, à l'état métallique et très finement divisé, qui s'infiltre, de gré ou de force, dans les premières couches cutanées, pour aboutir aux radicules lymphatiques et se répandre par là dans tout l'organisme?
Les belles expériences de M. Merget, en 1871, sur la rapide volatilisation du mercure, même à 15 degrés au-dessous de zéro, et après son incorporation avec l'axonge, donnèrent beaucoup de crédit aux hypothèses de Gubler, de Rabuteau, de Neumann, de Rohrig, qui faisaient jouer un rôle plus ou moins considérable aux vapeurs mercurielles dans l'efficacité des frictions.
Ce rôle s'est agrandi démesurément depuis quelques années.
en hémoglobine, diminution qui varie de 15 à 30 pour 100. Cette diminution persiste au début du traitement. Le chiffre de l'hémoglobine remonte ensuite progressivement sous l'influence des onctions mercurielles et il revient eu général au chiffre normal;
2° Les cas de syphilis secondaire un peu anciens et non traités s'accompagnent constamment d'une diminution de l'hémoglobine, dont le chiffre oscille entre 4b et 75 pour 100. L'effet du traitement antisyphilitique est encore ici très évident; sous cette influence, la teneur du sang en hémoglobine s'accroît, niais sans pouvoir revenir jusqu'au taux normal;
3° Les formes tardives de la syphilis tertiaire sont caractérisées par la faible teneur du sang en hémoglobine. Chez tous les malades de cette catégorie qui oui élé examinés, il n'en a pas été rencontré un seul de normal à ce point de vue. Le traitement amène aussi une amélioration de cette altération, mais pas très considérable ;
4" Quant, aux hématies, au moment de l'accident primitif, elles ne sont pas diminuées de nombre. Avec le développement de la syphilis constitutionnelle, elles se détruisent au point de diminuer d'un tiers du nombre primitif. Sous l'action du traitement anl isyphilitique, leur chiffre revient à la normale. De trop fortes doses de mercure ramènent une diminution de leur nombre;
5° Les formes secondaires non traitées présentent une diminution du nombre des hématies allant jusqu'à un tiers. Mais, si le traitement ne peut, dans cette période, ramener a l'état normal le chiffre de l'hémoglobine, il ramène du moins
au chiffre normal celui des hématies;
6° Dans les formes tertiaires, le chiffre moyen des globules rouges est d'environ quatre millions; c'est dire qu'il est diminué. Comme dans la période secondaire, celle anémie globulaire est complètement guérie par le traitement antisyphilitique, bien que l'efficacité de ce traitemenl soit bien moindre au point de vue des modifications de l'hémoglobine;
7° Le nombre des globules blancs présente des oscillations inverses à celles des hématies {Société Império-Royale tirs Médecins de Vienne, 1893).