A LA SUITE DES FRICTIONS
fulminé contre certaines méthodes s'était changé plus tard en acclamations triomphales. Le traitement par la méthode pulmonaire a été longtemps délaissé. On a essayé de lui rendre quelque vogue en ces dernières années. Y réussira-t-on? Je ne le pense pas. Il expose à trop d'incertitudes et de dangers. D'après M. Merget, les expériences et les observations sur lesquelles on s'est appuyé jusqu'à présent, pour établir la toxicité des vapeurs mercurielles, n'ont pas permis de la déterminer avec précision, parce qu'elles portaient sur des cas complexes, où le mercure intervenait à la fois sous forme de vapeurs respirées à des températures diverses et sous forme de poussières inhalées ou ingérées.
M. Merget ne croit pas que les vapeurs mercurielles soient absorbées suivant le mode indiqué par Mialhe, Voit, Overbeck. Il n'est pas nécessaire qu'elles se transforment d'abord en bichlorure, puis en oxyalbuminate et en chloralbuminate de mercure pour arriver jusqu'au sang. Traversant mécaniquement la membrane épithéliale pulmonaire, elles pénètrent directement dans le liquide sanguin, puis, de là, dans toutes les parties de l'organisme, sans que le mercure, dans ses diverses migrations, puisse perdre son état métallique.
II. Les effets physiologiques qui se produisent alors doivent donc être attribués à l'action du métal lui-même, et non pas à celle de composés hydrargyro-albuminiques solubles, auxquels on prétend qu'il donnerait naissance.
Chez les animaux qui meurent intoxiqués par les vapeurs mercurielles, on ne trouve, à l'autopsie, aucune lésion macroscopique ou microscopique par laquelle on puisse expliquer leur mort. Et, cependant, toutes les parties de l'organisme renferment du mercure. L'analyse démontre partout sa présence en quantités variables. Ainsi, à poids égaux, ce sont les reins qui fixent la plus forte proportion de ce métal. Après, viennent, dans un ordre de progression décroissante, le foie, les poumons, le cerveau et la moelle. Le cœur, les muscles en général, et surtout les os, sont beaucoup au-dessous du dernier terme de cette série.
M. F. Vigier a publié sur les flanelles mercurielles de M. Merget un travail très .savant dans les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie (décembre 1892, pp. 1338-42). M. Vigier s'est posé les questions suivantes, auxquelles ses recherches, ses expériences très précises lui ont permis de répondre par l'affirmative. Voici ces questions :