‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 160 sur 610 · ET PAR LA MUQUEUSE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

ET PAR LA MUQUEUSE PULMONAIRE

Il est vraiment extraordinaire que nous ne soyons pas encore complètement édifiés sur la façon dont le mercure pénètre dans l'organisme, lorsqu'on soumet la peau aux frictions mercurielles. Ce qui est certain, c'est que les globules mercuricls traversent quelques-unes de ses couches. Ainsi, après avoir frictionné au mercure l'oreille d'un lapin, si on en coupe un lambeau, on y constate nettement la présence du métal. Mais il n'y reste pas, car si on enlève un autre lambeau de la même oreille quelque temps après, il n'y a pas trace de globules hydrargyriques. Que sont-ils devenus? Est-ce l'absorption cutanée ou la volatilisation qui les a fait disparaître? Les deux, sans doute, comme le dit M. Rémond.

Si la volatilisation du mercure et sa résorption par la surface pulmonaire étaient seules en jeu dans les frictions, il est probable que les voisins de lit du malade, dans nos hôpitaux, ceux qui le soignent, ceux avec lesquels il vit intimement, en famille, seraient, eux aussi, plus ou moins mcrcurialisés, ce qui n'a pas lieu.

Il est donc rationnel d'admettre que c'est plutôt par l'absorption de la peau que par la résorption pulmonaire des vapeurs mercurielles que le mercure pénètre dans l'économie.

Voici quelques-unes des nombreuses recherches qui ont été faites sur ce sujet :

Landerer, en 1847, puis Eberhard et, après eux, Oesterlen et Hasselt ont trouvé des globules mercuriels dans la peau de plusieurs animaux soumis aux frictions hydrargyriques. En 1861, sur un lapin frictionné, Overbeck les constata non seulement dans toutes les couches de la peau, mais aussi dans les muscles intercostaux, et jusque dans la plèvre. En 1877, M. Fleischer conclut, après de nombreuses expériences, que « les frictions à l'onguenl mercuriel font pénétrer des particules de métal dans les couches les plus superficielles de l'épiderme, mais jamais plus profondément; qu'on n'en trouve ni dans le corps de Malpighi, ni dans le chorion, ni dans les glandes, ni dans les follicules pileux ». Gubler (1869) croyait que l'absorption du mercure après les frictions se faisait par ses vapeurs à l'aide des glandes sudoripares. D'autres, de Bœrensprung, Hoffmann, Rindlleisch, pensaient que le mercure doit subir dans l'épiderme des modifications cliniques avant d'être absorbé. M. Fiirbringer, dans ses Recherches expérimentales sur V absorption et faction du mercure de l'onguent napolitain, croit avoir démontré que les globules métalliques sont directement introduits par la friction au lieu même de l'application, dans les Follicules sébacés ou pileux, où ils se

phosphates et, des chlorures ne semhle pas influencée; — la quantité d'urée excrétée dans les 24 heures baisse notabletnenl (Note pour servir à l'action du mercure sur l'organisme, par A. Hémond. Annal, de Dcrm. cl de Syph., 1888, pp. VôH-Gi).

MERCUHH A L'ÉTAT MÉTALLIQUE

transforment, sous l'influence delà sécrétion glandulaire, en une combinaison soluble, susceptible d'être résorbée; que le mercure métallique ne peut pénétrer clans la circulation du point frictionné que si la peau y est excoriée et saignante, et que là son contact avec le sang vivanl donne lieu à une combinaison soluble et active; que des vapeurs mercurielles se dégagent de la friction, sont inspirées et se déposent en régule sur les muqueuses accessibles où elles forment un produit oxydé soluble et résorbable... Ainsi, d'après l'auteur, le mercure des frictions serait absorbé tout à la fois par la peau et par la muqueuse respiratoire.

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