ECZÉMA RUBRUM
Ce granité éruptif se convertit en petites vésicules d'égal volume, hémisphériques, un peu aplaties, remplies d'un liquide lactescent, à teinte cireuse quand elles se dessèchent, croûteuses, sanguinolentes quand on les excorie, ce qui arrive souvent, car cet eczéma cause presque toujours d'horribles démangeaisons. Dans les cas graves, au lieu de vésicules miliaires, il y a de véritables phlyctènes quelquefois très volumineuses, au-dessous desquelles on trouve le derme érodé et même ulcéré.
D'ordinaire l'éruption arrive très vite à son complet développement; puis elle reste stationnaire pendant quatre ou cinq jours, et enfin elle s'affaisse et diminue de couleur. La desquamation commence par petits détachements de collerettes épidermiques qui se rejoignent et constituent des îlots irréguliers, etc., etc. La guérison s'effectue spontanément' dans les cas légers, ou sous la seule influence de topiques adoucissants et de poudres desséchantes.
L'eczéma rubrum de cause locale ne provoque ordinairement aucune réaction fébrile, ni aucun autre trouble fonctionnel.
II. Il n'en est malheureusement pas ainsi dans les éruptions de l'hydrargyrie cutanée de cause interne, qui peuvent devenir excessivement graves et même entraîner la mort.
L'intoxication de la peau par le mercure, non plus appliqué sur sa surface, mais absorbé par l'organisme, donne lieu à un érythème polymorphe très particulier, dans lequel se développe avec une prédominance remarquable le type scarlatiniforme. Ici il y a véritablement hydrargyrisme généralisé, mais c'est la détermination cutanée qui prime tout et autour de laquelle se produisent la fièvre et autres symptômes généraux, dont l'échelle de gravité s'étend depuis un simple malaise superficiel et fugace, jusqu'à des accidents redoutables qui peuvent devenirs mortels.
L'hydrargyrie cutanée de cause interne est extrêmement rare, d'une façon absolue, et surtout si on songe au nombre infini de patients qui prennent du mercure sans que leur peau en soutire. Elle est incomparablement moins commune que colle de cause externe. Les types éruptil's ont dans toutes les deux la plus grande ressemblance; souvent ils ne diffèrent que par leur étendue, leur
obServé M. L. Wiçkham dans un cas de dermite hydrargyri<iuc consécutive à des fnc/fiàri& et à des bains de sublimé, ordonnés connue traitement d'un pityriasis rosé de Giberl. Celte dermite avait, simulé; par sa localisation partielle du système pileux, une forme de pityriasis rubrapilaire. [Ann. de Dermal. el de Syph., nov. 1889.)