‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 19 sur 610 · PAR LES FUMIGATIONS MERCURIELLES · texte numérisé non relu

PAR LES FUMIGATIONS MERCURIELLES

sives et répondant à dos indications précises 1 ; qu'on en calculerait le nombre, l'intervalle, d'après les forces des malades, pour les pousser jusqu'à la salivation; qu'on donnerait un purgatif doux de trois en trois fumigations.

Ainsi épurées et prudemment administrées, les fumigations n'en restaient pas moins une méthode de traitement dangereuse, exceptionnelle et incertaine. Ceux qui la préconisaient le plus, Massa et Brassavole, l'accusaient de ne pas prévenir les récidives :

« Rarement se trouvait-il des véroles qui fussent entièrement guéris par la fumigation ; mais ils retombaient presque tous, quoique les uns plus tût et les autres plus tard. » (Brassavole.)

Les fumigations n'étaient applicables qu'à des personnes jeunes et robustes dont tous les viscères étaient en bon état; tandis que les frictions, pratiquées suivant les règles de l'art, convenaient aux malades de tout sexe, de tout âge, de tout tempérament. D'un emploi plus facile et moins encombrant, elles offraient, en outre, plus de garanties comme solidité et durée de la guérison, tout en étant beaucoup moins pernicieuses que les fumigations. Aussi la méthode des frictions résista-t-elle à toutes les attaques, et, installée pour toujours dans la pratique, elle occupa une des premières places dans le traitement de la syphilis 2.

§V. — Méthode du traitement mercuriel par ingestion, ou méthode stomacale.

Au moment où les fumigations commençaient à être décriées, avant d'être à peu près universellement proscrites, une autre méthode de traitement par le mercure était inaugurée par Pierre- André Mathiole, vers 1535. C'estla méthode qui consiste à administrer le mercure à l'intérieur, la Méthode stomacale ou par ingestion. On redoutait beaucoup le mercure pris intérieurement, parce qu'il /w-

1. Du benjoin, du styrax rouge, du succin, de la noix muscade, de l'ambre jaune, etc., pour ouvrir les pores de la peau et faire suer; de la myrrhe, du mastic, de l'oliban, de l'opoponax, du laudanum, du bois d'aloès, du bois de genévrier, du bois de pin, du buis, etc., pour dessécher et déterger.

■2. Elle est, de toutes les méthodes, la plus agréable, la plus commune, la plus usitée, et la seule qui soit eu usage aujourd'hui; au lieu que la dernière (celle des fumigations) étant négligée, employée plus rarement de jour en jour, diffamée par son inefficacité, par ses dangers, et même par la seuie infection du Cachot, est tombée peu à peu dans un tel oubli que, lorsque la première édition de cet ouvrage parut, en 1736, j'ose assurer que, depuis quatre-vingts ans à peine, y avait-il eu un seul malade, du moins en France, qui se fût fait traiter par les fumigations. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n'y avait pas un médecin, en France, qui traitât la vérole par cette méthode. (Astruc.)

Page 1