GRAND NOMBRE DE COMPOSÉS MBRCUR1ELS DONT ON SK SERVAIT
cailles intestins par sa pesanteur. C'était de tradition. Ce préjugé, qui venait des anciens auteurs, disparut peu à peu devant l'expérience. Vigo, en 1514, avait prescrit Je précipité rouge contre la peste, à la dose de trois ou quatre grains, mêlés avec de la thériaque, et même il l'avait proposé contre la colique. Il ne s'en servit contre la syphilis qu'extérieurement. Massa fît de même. « Il tenait, disait-il, cette poudre d'oxyde rouge, d'un certain vieillard alchimiste, et prétendait qu'elle méritait le nom de Poudre angélique, à cause des effets merveilleux et angéliques qu'elle a dans les maladies vénériennes, et qu'elle est sans pareille comme topique dans les ulcères malins de la verge. »
I. C'est cette même poudre que Mathiole eut l'audace de donner intérieurement, mais après l'avoir bien lavée dans les eaux distillées de plantain et d'oseille, et desséchée pendant quelque temps par Le feu. Il en faisait prendre jusqu'à 5 grains en pilules et il assurait que l'usage de ce remède dissipait bientôt les douleurs véroliques en évacuant la pituite et la bile noire par le. vomissement et par les selles.
Mathiole ne fit pas école; il fut, au contraire, combattu par beaucoup de ses contemporains, depuis Fracastor (1546) jusqu'à Paulmier (1578).
Le mercure cru eut beaucoup plus de vogue que le précipité rouge. Il fut mis en honneur par les fameuses Pilules mercurielles de Barberousse. Leur recette venait de Turquie. Arroudj, né à Mételin, dit Barberousse, roi d'Alger, capitan-pacha des Turcs, sous le règne de Soliman II, s'en servait pour lui-même avec des avantages si marqués, qu'il crut faire un précieux cadeau à son allié et ami François Ier, roi de France, en lui en envoyant. N'estil pas juste qu'on ait donné à ces pilules le nom de Barberousse? Bayro, médecin de Charles II, duc de Savoie, qui en avait révélé la formule, rapportait que « ces pilules avaient eu un succès merveilleux dans quelques vérolés., couverts d'ulcères et de nodus; niais que le premier des chrétiens qui en avait usé était tombé mort subitement sur le pont d'Avignon ». Ce malheur ne pouvait point leur être attribué, puisqu'elles contenaient à peine quinze grains de mercure; mais il ne manqua pas de réveiller et d'augmenter les préventions contre ce remède.
II. Néanmoins son usage interne ne tarda pas à se répandre de plus en plus. Les préparations mercurielles se perfectionnèrent. Grâce