MINI M A HT MAXIMA DE L'ÉLIMINATION MKKCURIELLE
11 a donné lieu, depuis une vingtaine d'années, à des travaux très importants, on France, à l'étranger, surtoul en Russie. Dans plusieurs savants articles, M. le professeur R. Lépine, de Lyon1, Les a exposés et étudiés avec une haute compélence. A mon tour, je viens les résumer dans ce qu'ils ont d'essentiel. Je regrette de ne pouvoir leur consacrer ici que ce trop court appendice.
I. L'élimination du mercure administré à doses thérapeutiques est très faible au début, surtout dans la méthode stomacale, à cause de l'accumulation qui se fait dans l'organisme. Elle croît ensuite régulièrement pendant 15 à 20 jours. A ce moment, elle atteint son maximum. 11 est de 6 milligrammes par jour, dont 4 par l'urine (Brasse etWirlh). — Dans la méthode par injections, élimination faible aussi au début; après quelques jours, chez certains malades, elle est de 6 à 7 milligrammes et même de 8, dans l'urine seulement (Winternitz). Quand l'élimination par l'urine arrive à ces chiffres, l'économie est saturée. Au delà, avec de plus fortes doses, on expose les malades à l'intoxication. — D'après M. Winternitz, l'iodure de potassium ne diminue pas l'élimination, mais il ne l'augmente pas, en général, et il ne paraît pas capable de la pousser au delà du maximum de S à 7 milligrammes par jour.
Utilité pratique de ces recherches : Si un syphilitique traité ne s'améliore pas au bout de 15 jours et qu'on ne trouve que 1 à 2 milligrammes de mercure dans ses urines, c'est que l'absorption se fait mal, et on pourra augmenter la dose. Mais si ses urines contiennent o à 7 milligrammes, qui est le maximum, il serait imprudent d'augmenter la dose quotidienne, alors môme qu'il n'y aurait encore aucun signe d'hydrargyrisme2.
diminution dans l'urine des produits d'oxydation incomplète, et l'assimilation s'améliore. » [Progrès méd., août 1893.)
Les recherches de M. Leone Levi sur Y Action du mercure et de Viodure de potassium chez les syphilitiques l'ont conduil aux conclusions ci-dessous:
<c Les sels de mercure augmentent les combustions et les échanges. Ce phénomène est corrélatif de l'atténuation des manifestations morbides. Ils augmentent donc l'élimination des toxines, mais rien ne prouve qu'ils soient, pour cela, parasilicides. La prolongation de leur administration amène la diminution quantitative de l'hémoglobine du sang.
« L'action des iodures sur la nutrition ressemble à celle du mercure, mais avec cette différence qu'il y a simultanément pression sanguine et diminution de l'excrétion de l'urée. Elle retarde les échanges. Enfin, on pourrait admel tre avec Pellizzari l'existence d'une action chimique des iodures sur les poisons chimiques de la syphilis tertiaire : ceux-ci étant neutralisés par celle-là. » (Gaz. deijli osp., octobre 1893.)
1. H. Lépine, Sur l'élimination du mercure, Semaine médicale 1891 ; De la diurèse et des lésions rénales hvdrargyriques, id. 1889.
2. Il n'est pas indispensable dans le traitement de la syphilis d'analyser sans cesse les urines pour connaître la quantité de mercure qu'elles contiennent. La tâche du praticien serait singulièrement compliquée s'il était obligé de se livrer à ces opérations chimiques toujours délicates et difficiles. Cependant, il n'est pas inutile qu'il en ait quelques notion?.
Parmi les nombreux procédés, celui de M. le professeur llofmeister (de Prague), pour rechercher le mercure dans les urines, me semble digne d'être parti-