PAR LES URINES COMME CRITÉRIUM THÉRAPEUTIQUE
Il s'élimine, en général, autant de mercure par les fèces que par les urines, d'après MM. Kronfeld et Stein. Ils ont trouvé que l'élimination est plus faible par la méthode stomacale que parles injections etlesfrictions, où elle est à peu près la même, contrairement à l'opinion de M. Winternitz, qui la croyait plus forte par les injections. Dans cinq cas où ces expérimentateurs ont injecté de l'huile grise sous la peau, pendant 32 jours environ, la quantité de mercure éliminée parles urines et par les fèces a varié du treizième au dix-septième de la quantité injectée sous la peau. — En tenant compte des produits excrémentitiels perdus, de la quantité minime éliminée par la peau et la salive, on peut dire que, //raclant la durée de la cure, un dixième environ de la quantité injectée est éliminée. i
Tout le mercure soumis à l'élimination des émonctoires ne sort pas de l'organisme. Il n'est pas douteux, par exemple, qu'une grande partie de celui qu'expulsent la salive et les sécrétions intestinales est résorbée de nouveau dans le tube digestif. De plus, une certaine portion se fixe incessamment dans les tissus. Donc il ne peut pas y avoir un équilibre rigoureusement exact entre la dose de mercure introduite dans l'organisme et celle qui est définitivement éliminée.
Lorsque la cure cesse, l'élimination continue et dure plusieurs mois. Après un an, on ne trouve plus de mercure dans l'urine, mais il en reste encore dans le corps, surtout dans le foie, les reins et la rate.
II. M. Balzer et MUe Klumpke publièrent en 1888, dans la Revue de médecine, un article très savant où ils étudièrent d'une manière approfondie les questions qui font l'objet de cette note. Ce travail, intitulé : De l'élimination du mercure dans les urines pendant et après le traitement mercuriel, contient une analyse détaillée de tous les travaux qui avaient été faits jusqu'alors sur ce sujet. J'en ai déjà signalé le plus grand nombre. Je tiens à faire remarquer que les plus importants ont été faits par des médecins russes. Parmi eux, mentionnons particulièrement M. Michaëlowsky qui publia en 1866, à Saint-Pétersbourg, une excellente thèse : De l'élimination du mercure dans les urines pendant le traitement de la si/philis par les frictions mercurielles. Deux ans auparavant, M. Souchow avait fait paraître une thèse également fort intéressante sur V Elimination du mercure après les injections sous-cuia7iées.
M. Balzer et Mllc Klumpke ont insisté dans leur article sur les tracés graphiques de l'élimination et sur sondosage approximatif. Ils ont passé en revue, analysé et commenté les principaux graphiques, ceux de
culièrement recommandé, car il a le grand mérile d'être simple. Le voici en quelques mots :
L'urine est acidulée avec un dixième d'acide chlorhydrique, et, après deux jours de repos, débarrassée ainsi, par filtration, de l'acide urique. On la l'ail, alors circuler dans un long tube de 6 millimètres de diamètre, rempli de tournure de cuivre. Par le contact prolongé avec le cuivre, elle abandonne tout le mercure, qui passe à l'état d'amalgame. On dessèche et on détruit ce dernier en chauffant la tournure de cuivre dans un courant d'acide carlinnique pour éviter la formation d'oxyde de cuivre. La perte de poids de la tournure de cuivre donne le poids du mercure.