COURBES GRAPHIQUES SUR L'ÉLIMINATION
Souchow, de Miehaëlowsky, de Neha(1888), de Welander1. Les courbes graphiques d'élimination sont curieuses à étudier.
De celles qu'il a obtenues en faisant usage de plusieurs préparations mercurielles, Miehaëlowsky a conclu que la disparition des manifestations cutanées et autres de la syphilis est en raison directe de la quantité de mercure éliminée par les urines. Elle est d'autant plus rapide que l'élimination est plus active, et d'autant plus lente qu'elle est moindre. — De même, le gonflement et l'état fongueux des gencives, ou n'importe quelle autre manifestation précoce de l'intoxication mercurielle, surviennent plus rapidement pendant l'emploi des préparations avec lesquelles il y a beaucoup de mercure éliminé et plus lentement avec les autres.
Les courbes de Souchow concordent avec celles de M. Michaëlowsky. Elles démontrent que l'élimination du mercure est continue et se poursuit, sans interruption, ni oscillations, après les injections sous-cutanées solubles, comme après le traitement par les frictions. En règle générale, le mercure commence à s'éliminer cinq heures après la première injection, sauf pour le biiodure de mercure, avec lequel on ne voit apparaître le mercure qu'après dix injections quotidiennes d'un centimètre cube de la solution à 10 p. 100. D'après Souchow, après l'injection des sels insolubles de mercure, l'élimination ne se fait pas avec la même régularité, ce qui tient sans doute à l'élaboration qu'ils sont obligés de subir au sein des tissus avant d'être absorbés.
i. M. Welander fit, en décembre 1885, à la Société des médecins suédois, une conférence où il exposa ses belles recherches sur l'absorption et sur (élimination du mercure dans l'organisme (Annales de dermatologie et de syphiligraphie, 1886). En voici les principaux résultats :
L'absorption du mercure par la bouche est variable comme durée etrelalivement lente ; elle est plus rapide par l'anus. — Par la peau, le mercure est beaucoup plus rapidement absorbé et en plus grande quantité que par les voies digestives, surtout s'il y a des plaies. Les injections sous-cutanées donnent lieu à l'élimination la plus prompte et la plus abondante.
Le mercure s'élimine d'une manière constante dans les urines, un peu par la salive, mais très peu, même clans la stomatite hydrargvrique. Welander croit, avec Schmitt, que les glandes salivaires jouent un rôle très accessoire dans l'élimination du mercure. — L'élimination par les fèces est moins grande que ne l'avait cru Scbuster. — Elle est sensible parle lait : à une femme qui n'avait pas de mercure dans l'urine il fut fait une injection d'un demi-centigramme de sublimé ; cinq jours après il y avait du mercure dans l'urine de l'enfant qu'elle allaitait. — Deux l'ois M. Welander a constaté la transmission du mercure au foetus dans l'utérus.
A. quelle époque commence V élimination du mercure ? Une à deux beures après l'injection sous-cutanée. En général, quelle que soit la méthode de traitement, dès le jour qui suit les premières doses.
La quantité de mercure éliminée suit une proportion ascendante pendant la marche du traitement, et diminue peu à peu quand il est terminé.
Le mercure reste dans le corps de quatre à six mois après la lin du traitement ; on le trouve surtout dans le sang et même dans les produits pathologiques.
La rapidité et l'abondance de l'absorption étant plus grandes après les frictions, et surtout après les injections, qu'après l'administration de pilules de proloiodure et autres pilules mercurielles, on devra recourir à la méthode dermique quand on voudra obtenir un etfet prompt et puissant. La méthode stomacale s'adapte mieux aux cas bénins et à ceux qui demandent une cure prolongée.