ET LÀ DURÉE DE LÀ DIURÈSE HYDRARGYRIQUE
elle s'exercerait sur l'ensemble des petits vaisseaux de l'économie; elle accroîtrait leur tonus (Lépine).
Plusieurs expérimentateurs ont aussi signalé une hyperglycémie et même une glycosurie hydrargyriques. Quel rôle jouent-elles dans la diurèse ? Il faut une intoxication hydrargyrique pour que l'on observe la glycosurie. Je ne puis pas entrer plus avant dans toutes ces questions de biochimie, étudiées par MM. Silva, Saikosky, Richet et Moutard- Martin, Sée, etc.
Ce qui paraît le plus probable, c'est que le facteur principal de la diurèse est bien l'épitbélium rénal, et qu'il existe une corrélation entre cette diurèse et l'élimination hydrargyrique dont je me suis occupé au commencement de ce chapitre.
La diurèse hydrargyrique est essentiellement temporaire. Elle cesse aussitôt que la médication hydrargyrique est interrompue. Elle diffère donc profondément de la polyurie digitalique qui, d'après les observations de M. le professeur Potain, peut persister plus de trente jours après l'administration d'une dose un peu forte de digitaline.
En sollicitant d'une manière excessive la sécrétion rénale avec le mercure, on risque d'épuiser la force éliminatrice du rein. Il faudrait supprimer absolument la médication s'il survenait de la diminution de la sécrétion urinaire, car il en pourrait résulter des accidents plus ou moins graves d'intoxication hydrargyrique.
On a vu que Yanurie, dans le cas d'intoxication hydrargyrique si intéressant rapporté par M. Bouchard, peut, comme la diurèse, être causée par le mercure.
Beaucoup de médecins croient qu'un traitement hydrargyrique prolongé est capable de causer de l'albuminurie. C'est possible; mais, dans l'immense majorité des cas, elle n'est pas sérieuse et ne reconnaît pour cause que de légères lésions glomérulaires.
IV. L'élimination incessante du mercure par l'émonctoire rénal, durant la cure prolongée qu'exigent toutes les syphilis, est-elle capable d'altérer à la longue la structure d'une glande et d'en troubler sérieusement les fonctions?
On peut répondre non, au moins pour les traitements moyens ou pour ceux qui n'exigent que des doses intensives courtes et très éloignées les unes des autres. S'il en était autrement, ne verrait-on pas l'hydrargyrisation thérapeutique de la syphilis occuper une place très importante dans l'étiologie des néphropathies? Ne serait-on pas obligé de rattacher à la syphilis, traitée par le mercure, un grand nombre de ces affections? Elle engloberait une partie considérable de la pathologie rénale, comme elle l'a fait pour les maladies du cerveau. Même cette prise de possession serait moins justifiée, quoique l'autre soit, sur bien des points, excessive et arbitraire. Toutefois, on commence à incriminer le mercure dans ce sens-là. Ainsi, d'après M. Fûrbringer, sur 100 syphilitiques, il y en aurait huit chez, lesquels le traitement hydrargyrique provoquerait une albuminurie très notable. Le mode d'introduction du mercure serai I sans influence. Tous les reins ne seraient pas également influencés par