EFFETS DE L'ÉLIMINATION MKRCURIELLK SUR LES REINS
lui; ils offriraient des degrés de résistance fort inégaux. (4e Congr. de méd. interne.)
Avant M. Furbringer, M. F.-E. Gunlz {Memorahilien, 1885) avait jeté un cri d'alarme en proclamant la fréquence des maladies des reins chez les syphilitiques traités par les préparations hydrargyriqv.es. J'ai expqsé et réfuté les idées de M. Giïntz dans mon mémoire sur la syphilose du rein- (Voy. mon livre sur la Syphilis tertiaire et la syph. héréditaire, p. 306.) Il y a, dans la proposition de M. Guntz, une erreur manifeste. Voilà 25 ans que je traite par le mercure, dès l'apparition du chancre, un nombre immense de syphilitiques dont je suis le plus grand nombre pendant la phase des accidents secondaires. Eh bien, je déclare formellement que les reins chez eux n'ont jamais été touchés, d'une manière évidente, que dans une proportion négligeable ou extrêmement faible.
D'après M. Giintz, le mercure activerait la transformation de l'albumine des tissus en graisse et provoquerait l'accumulation de celle-ci dans les organes. Je crois que cette théorie est loin d'être démontrée. Mais ce qui l'est encore moins, c'est qu'il y ait dégénérescence des reins, sous une forme ou sous une autre, chez les malades soumis à un traitement mercuriel.
Quand, au lieu de donner des doses thérapeutiques d'hydrargyre, on provoque une véritable intoxication, il peut se développer des lésions rénales fort sérieuses. Parmi elles, l'incrustation calcaire des tubuli a été particulièrement signalée par M. Saikosky chez les lapins intoxiqués, et a longtemps passé pour caractéristique. Elle a été retrouvée chez des chiens par MM. Bouchard et Cornil.Le professeur Prévost, qui Ta étudiée, a démontré péremptoirement la provenance osseuse des sels calcaires. Il y aurait, d'après M. Senger, sous l'influence des sels mercuriels, diminution de l'alcalinité du sang, par suite de la formation d'acide lactique. Cet acide dissoudrait en partie le carbonate de chaux des os, en produisant de l'acétate de chaux qui, revenu dans le sang, se transformerait en carbonate et serait éliminé par les reins. Et si, en pareil cas, les sels mercuriels avaient déjà suffisamment lésé l'épithélium rénal pour empêcher la diurèse, la chaux s'accumulerait dans les canalicules. Ainsi les deux conditions de Y incrustation calcaire des tubuli d'origine hydrargyrique seraient: 1° la production d'une certaine quantité d'acide lactique; 2° un certain degré de dégénération de l'épithélium rénal. Celle incrustation ne se découvre souvent qu'à l'examen microscopique (Virchow).
En terminant ce que je tenais à dire sur l'hydrargyrisation thérapeutique, envisagée à tous ses points de vue cliniques, toxiques et physiologico-chimiques, je dois exprimer un regret qui ressort des considérations précédentes. Ce regret, c'est que nous ne soyons pas maîtres de régler, comme il nous semblerait utile de le faire suivant les circonstances, l'élimination du mercure par les divers émonctoires de l'organisme.