‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 213 sur 610 · VUE D'ENSEMBLE SUR LA SPÉCIFICITÉ DE L'IODURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

VUE D'ENSEMBLE SUR LA SPÉCIFICITÉ DE L'IODURE DE POTASSIUM

du tertiarisme, Jcs indications se multiplièrent. L'iodure de potassium ne manqua jamais de répondre à ce qu'on attendait de lui, avec une rapidité et une certitude qu'on ne trouve peut-être au même degré dans aucun autre médicament, sauf le sulfate de quinine. Ses merveilleuses vertus furent proclamées partout, et l'enthousiasme qu'il inspira dans les premiers jours de son application ne s'est point affaibli. Il n'y a pas eu contre lui ces mouvements de réaction violente, de haine féroce et superstitieuse, comme pour le mercure. Chose rare en thérapeutique, à sa période de grandeur n'a point succédé une période de décadence. Au contraire, ses applications se sont étendues et ne sont plus exclusivement limitées aux accidents syphilitiques.

L'histoire de l'iodure de potassium est infiniment moins compliquée et dramatique que celle du mercure. Elle est simple, comme celles des peuples heureux et des femmes honnêtes. Ce sel blanc, à gros cubes inodores, à saveur piquante et désagréable, très soluble dans l'eau, moins dans l'alcool, est absorbé par l'organisme et se disperse dans toutes ses parties avec une rapidité très grande. Ingéré par la bouche, il apparaît au bout de vingt minutes dans les urines1. Il est éliminé par tous les émonctoires, ce qui prouve combien générale est son imprégnation. Sa présence a été constatée chimiquement dans les larmes, la bile, la salive2, le lait, les sueurs, et même dans l'urine d'enfants allaités par des nourrices soumises au traitement ioduré.

Cette extraordinaire cliffusibilité de l'iodure de potassium jouet-elle un rôle dans son action curative ? Nous n'en savons rien. On pourrait y voir une sorte de lessive qui traverse toute l'économie, la purifie par la rapidité irrésistible de son cours peut-être autant que par ses propriétés spécifiques. Cette comparaison vient assez naturellement à l'esprit, dardons-nous d'en tirer aucune conclu-

1. Chez un sujet atteint d'une exstrophie vésicalë et dont, les uretères s'ouvraient à l'extérieur au-dessus du pubis, ce qui permettait de recueillir l'urine au moment même où ses gouttelettes venaient sourdre à l'orifice urétérique, on a découvert l'iodure 14 à d M minutes après ingestion par l'estomac, 14 à 15 minutes après son dépôt sur la langue, 20 minutes 1/2 après son injection dans le tissu cellulaire, 23 minutes après son injection dans le rectum.

2. Si l'on veut s'assurer de la rapidité avec laquelle l'iodure s'élimine par la salive, on n'a qu'à mettre sur la langue, de minute en minute, aussitôt après l'avoir administré, des morceaux de papier amidonné : on ne tardera pas à les voir bleuir. Ou bien encore, qu'on louche un point quelconque de la langue avec un crayon de nitrate d'argent: bientôt la tache blanche qui en résulte deviendra jaune, par suite de la formation d'iodurc d'argent.

Page 1