‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 215 sur 610 · DOSES DE L'IODURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

DOSES DE L'IODURE DE POTASSIUM

liaient qu'à des doses inlimes de 30, 50 centigrammes, 1 gramme au plus, par jour, d'autres en prescrivaient quotidiennement des quantités monstrueuses, 20, 30, 40 grammes. Un médecin de l'hôpital du Midi, Puche. est même allé jusqu'à 70 grammes1.

Les deux extrêmes, dans un sens ou dans l'autre, sont absolument inutiles. Aujourd'hui l'expérience est faite. On n'est plus à la période des recherches, de l'expérimentation, où les tâtonnements et les exagérations étaient peut-être difficiles à éviter.

On sait à quoi s'en tenir sur les doses efficaces et réellement thérapeutiques. Sans doute elles n'ont rien d'immuable. Elles doivent se plier à des conditions multiples d'âge, de sexe, de tolérance, d'états pathologiques, etc. Mais les écarts désordonnés ne sont plus permis, et il y a une dose moyenne qui doit servir à nous guider à peu près dans toutes les circonstances physiologiques, morbides ou autres qui sont la source des indications.

Cette dose moyenne, ou mieux cette dose minimum, doit être, d'après mon expérience, de 2 grammes pour les hommes et de

1 gramme pour les femmes, quotidiennement. Si on descend audessous, les résultats thérapeutiques sont équivoques, insuffisants ou tout à fait nuls. Et, chose (îurieuse, c'est qu'avec ces petites doses, loin d'éviter les troubles physiologiques que l'iodure

1. Grève, le premier, puis Bœck ont essayé l'iodure de potassium à doses notables dans le psoriasis. Ils en donnaient jusqu'à 40 grammes par jour à des enfants. M. Haslund a dépassé de beaucoup ce chiffre et a érigé en méthode de traitement les doses colossales d'iodure. Il commence par l'aire prendre, les premiers jours, 3 ou 4 grammes d'iodure; puis il augmente progressivement de

2 grammes, tous les 2 ou 3 jours, pour arriver jusqu'à une close quotidienne de 30 à 40 grammes et même plus.

Le traitement doit avoir une durée d'au moins o semaines; aussi les malades arrivent-ils à faire une consommation énorme du médicament ; ils en absorbent ainsi au moins de 1 à 2 kilogr. Ce qui est assez particulier, c'est que les malades augmentent assez fréquemment de poids; plus rarement ils maigrissent, mais alors la déperdition est assez accusée et peut aller jusqu'à 5 kilogr.

Ces doses énormes amènent parfois l'intolérance, laquelle peut se manifester par toutes les variétés d'éruptions iodiques, acné, érylhèmes, pustules, pemphigus, etc. Il ne faut pas s'inquiéter par trop de ces accidents; il suffit de suspendre le traitement pour les voir disparaître.

Dans quelques ras des plus rares, on peut voir survenir des accidents d'intoxication suraiguë grave consistant soit en un œdème de la glotte nécessitant la trachéotomie, soit en un purpura généralisé. Il est assez remarquable que ces accidents se produisent plus souvent peut-être avec des doses relativement faibles qu'avec des doses plus élevées; c'est une propriété d'ailleurs bien connue de l'iodure rie potassium.

Dans deux cas, le traitement ioduré intensif a fait disparaître presque entièrement des psoriasis anciens, traités antérieurement, mais en vain, par d'autres méthodes. De Molènes, Â.rch. gdn. de Méd., juin IS89 : Action de l'iodure de potassium à hautes doses sur l'organisme;— de son emploi dans le traitement du psoriasis.)

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DOSUS EAIIILES, MÛVKNNES ET INTENSIVES DE L'iODl'KE.

produit chez beaucoup do personnes, on les voit survenir quelquefois avec une violence que no donnent pas les doses massives du médicament. C'est un fait que j'ai constaté bien souvent au début de ma pratique, quand, obéissant à des préjugés qui avaient cours alors, je ne maniais ce médicament qu'avec timidité.

En doublant la dose minimum dans les deux sexes, on ne sort pas de la moyenne courante. En la triplant et, à plus forte raison, en la quadruplant, on entre dans les doses intensives qui consistent à prescrire d'emblée, quotidiennement, 4 à 5 grammes pour en arriver à 10 ou 12 et même plus.

Ce qui nous porte à donner souvent de fortes doses d'iodure, c'est la crainte de rester au-dessous de ce que nous attendons. C'est, en outre, l'urgence des cas, leur gravité, sans compter notre incertitude au sujet des limites où il donne le maximum de son action curative.

Cette incertitude ne peut être dissipée complètement. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que, passé une certaine dose, l'effet thérapeutique reste stationnaire ; de telle sorte qu'on peut considérer comme inutile ou nuisible tout ce qui est donné au delà.

En nous fondant sur ce que nous enseigne l'expérience à cet égard, le maximum des doses intensives est de 8 à 12 gr. environ. 11 n'y a aucun bénéfice réel à le dépasser, sauf peut-être dans les cas désespérés où il faut tout tenter, afin de n'avoir rien à se reprocher. Et encore, en pareille occurrence, est-il bon de tàter le terrain, car si les doses massives sont en général bien tolérées par l'organisme et ne l'entraînent dans aucune voie dangereuse d'intoxication, comme le mercure, elles dépriment quelquefois le système nerveux et fatiguent les voies digestives.

Il résulte de ce qui précède qu'avec les dosages quotidiens, dans l'un et l'autre sexe, compris entre 1 et 2 grammes d'une part et 10 ou 12 de l'autre, on peut remplir toutes les indications et obtenir tous les degrés de l'action curative qu'exige chacune d'elles. 11 en résulte aussi qu'en fait d'exagération, il vaut, mieux, avec cet héroïque remède, pécher par excès que par défaut. N'estce pas là un de ses grands avantages sur le mercure ?

VI. S'il y a des cas, comme les graves encéphalo-mvélopathies, les gommes du voile, les phagédénismes empreints d'une grande malignité, etc., où l'imminence d'un danger redoutable nous impose d'emblée les doses intensives ou massives, il y en a

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