MODES D'ADMINISTRATION DE L'IODURE
beaucoup d'autres où il est plus utile d'augmenter progressivement les doses en commençant par les plus faibles ou par les moyennes.
Lorsque le traitement doit être de longue durée et n'a pas besoin d'être brusqué, cette pratique est obligatoire, parce que l'action curative de l'iodure se ralentit et s'émousse rapidement. Rien de fixe, au surplus, eu ég ard à l'intervalle qu'on mettra entre l'augmentation des doses. Cet intervalle sera d'une ou deux semaines.
Un autre moyen d'éviter l'accoutumance, quand on a du temps devant soi, c'est d'interrompre pendant quelques jours l'usage du spécifique. Lorsqu'on y revient, on trouve ordinairement qu'il a récupéré toute son influence primitive, même avec des doses moindres que les dernières, au moment de son interruption.
VIL L'iodure de potassium ne doit être administré que par la bouche. Sans doute, si l'estomac ne le tolère pas, ce qui est rare, on est obligé d'avoir recours à un autre mode d'introduction dans l'organisme. Celui qui est le plus pratique, quoique bien défectueux, c'est le procédé par lavements : 3 ou 4 grammes d'iodure dissous dans 300 grammes d'eau, avec addition de quelques gouttes de laudanum, pour apaiser l'irritabilité du liquide, qu'on injectera doucement dans le rectum après l'avoir préalablement nettoyé au moyen d'un lavement simple. Le lait est un véhicule qui fait encore mieux tolérer l'iodure.
Quant au procédé par injections sous-cutanées, il n'y faut pas songer, sauf dans des cas extrêmement rares, lorsque, par exemple, les malades ne peuvent pas avaler et sont incapables de rien conserver dans le rectum par suite de la paralysie du sphincter anal, comme cela arrive quelquefois dans certaines cérébrosyphiloses à forme comateuse. En pareil cas, ne pourrait-on pas porter directement l'iodure dans l'estomac au moyen de la sonde œsophagienne?
L'expérience a démontré que les injections sous-cutanées d'iodure, outre qu'elles sont très douloureuses, donnent lieu parfois à des eschares. Et puis, combien ne faudrait-il pas les multiplier pour introduire sous la peau, môme les doses minimum et moyenne, à plus forte raison, les doses intensives1?
\. M. Kobner a beaucoup vanté l'administration de l'iodure par le rectum. Une femme de cinquante-six ans, qui avait une myosite de tout le sternocléido-mastoïdien du côté gauche et du tiers inférieur de celui du côté droit datantde longtemps, fut guérie en 9 semaines par des frictions mercurielles et des lavements contenant chacun 60 centigrammes d'iodure de potassium. Ce