ÉLIMINATION DE L'IODURH DE POTASSIUM
rience a démontré qu'ils survenaient avec les iodures les plus irréprochables. Il n'en est pas moins certain qu'il y aura tout bénéfice à n'administrer, si cela est possible, que de l'iodure de potassium absolument pur.
VIII. Les iodures sont, comme les préparations mercurielles, éliminés par tous les émonctoires de l'organisme. Mais c'est l'élimination parle rein qui, de toutes, est la plus importante.
On a beaucoup exagéré les propriétés diurétiques de l'iodure de potassium. On cite le cas d'un malade de Ricord qui était arrivé à uriner 50 litres de liquide par jour! Mais combien buvait-il? Ces observations fabuleuses manquent toujours de rigueur. Que voyons-nous habituellement? Un peu plus d'activité dans la sécrétion urinaire, chez quelques-uns des malades qui prennent de 4 à 6 grammes d'iodure; et cependant c'est par les reins que la majeure partie de l'iodure est éliminée. D'après Rabuteau, vingt-quatre heures suffisent pour cela; mais une quantité notable passe encore par les sécrétions deux, trois et même quelquefois quatre jours plus tard1.
Qu'il existe une altération du filtre rénal, et l'accumulation de l'iodure dans le sang- forcera les autres émonctoires cutanés et muqueux à l'éliminer et à subir les effets toxiques du médicament sur eux. M. Chauvet a vu l'élimination de l'iodure, chez les néphrétiques, durer quatre, cinq, dix et même douze jours. [Sur les
I. Cette énergie éliminatrice du rein, eu égard à l'iodure de potassium, peut-elle devenir pour cet organe une source de dangers divers? Subira-t-il, lui aussi, une sorte d'intoxication comme les muqueuses et la peau, ou resterat-il indemne de toute altération, même passagère? C'est une question qui a préoccupé M. le professeur Edmonson Otlcinson, de l'Université de Maryland. D'après l-ui, sur un grand nombre de cas traités par de fortes doses d'iodure, dans la syphilis avancée, on trouve, après la mort, des traces évidentes de maladie rénale. Les modilications de l'organe sont, la plupart du temps, indépendantes de l'empoisonnement syphilitique, puisque la gomme y est relativement raie. M. Otkinson conclut que l'iodure de potassium a une action diurétique; qu'il peut en même temps produire l'apparition de l'albumine et des cylindres dans l'urine, et que par conséquent son usage prolongé est susceptible de provoquer le mal de Bright. — Dans 19 cas sur 70 de syphilis invétérée, il existait des altérations rénales plus ou moins graves, qui se traduisaient surtout par l'apparition «le l'albumine et des cylindres épithéliaux ou hyalins, au moment précis où l'iodure était administré. Jamais le parenchyme rénal n'a été atteint. L'auteur en conclut que, quoique les lésions produites par l'iodure de potassium soient de peu d'importance el pour la plupart du temps transitoires, la production d'altérations plus graves n'est pas impossible. Quanta moi j'ai vu un grand nom lire de malades soumis à de hautes doses d'iodure de potassium qui n'ont jamais eu le moindre symptôme d'affection rénale. Je suis donc, obligé de faire de grandes réserves au sujet des conclusions de M. le docteur Otkinson.