CHAPITRE III
Parallèle entre le mercure et l'iodure de potassium. Supériorité du mercure. Il est plus indispensable que l'iodure.
Son action spécifique est plus vaste, plus profonde et plus durable. L'action de l'iodure est plus rapide.
Sa spécificité contre tout ce qui relève du tertiarisme à n'importe quelle période de l'évolution.
Il n'existe aucune incompatibilité entre les deux spécifiques de la syphilis. Traitement mixte : ses indications, ses modes, ses variétés.
On a souvent comparé les deux spécifiques de la syphilis, mesuré leur valeur respective, précisé leurs indications, calculé leur portée, etc., etc. Sur ce sujet on a émis des propositions qu'il eût été souvent bien difficile de justifier par des faits. Il y en a quelquesunes cependant qui sont hors de toute contestation.
I. N'est-il pas évident, par exemple, qu'on peut guérir la syphilis avec le mercure seul? Oui, car nous en avons des exemples tous les jours. Et puis , l'expérience des siècles passés ne le prouve-t-elle pas surabondamment? L'iodure n'est donc pas indispensable au traitement de la syphilis. Il est d'un très grand secours dans le tertiarisme. Mais autrefois ne le guérissait-on pas sans lui? Moins aisément, moins vite surtout ; enfin on en venait à bout. . Il est vrai qu'on peut objecter que le mercure, lui aussi, n'est pas absolument indispensable, puisqu'il y a nombre de syphilis bénignes qui s'en sont passées et qui n'en ont pas moins été guéries définitivement. Mais, en somme, n'est-il pas toujours sage et prudent d'employer un spécifique quand on en a un bon? Or Le "mercure est. par excellence, jusqu'à présent, ce bon spécifique. Il répond h beaucoup plus d'indications que l'iodure, car il a sur lui une supériorité marquée dans tous les accidents secondaires, qui sont infiniment plus nombreux que les tertiaires. Sa spécificité a donc une surface d'action qui dépasse grandement celle de l'iodure, puisqu'elle embrasse tout le domaine de la syphilis et toute sa durée. L'éblouissemenl causé par les merveilleux résultats thérapeutiques de l'iodure fit croire, aux premiers jours de son immense vogue, qu'on pourrait avec lui remplacer le mercure dans le traitement de la syphilis. On en esl revenu. Aujourd'hui, fort peu de syphiliograph.es soutiennent cette thèse, car la pratique de chaque