QUE LE MERCURE DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS
jour démontre péremptoirement que l'iodure, si puissant contre les ' accidents qui dépendent du tertiarisme. L'est très peu, et d'une façon fort insuffisante, contre ceux d'ordre secondaire, et en particulier contre la grande classe des papulodermies sèches généralisées ou circonscrites.
Chose curieuse, et dont j'ai été témoin hien souvent, l'action curalive de l'iodure, médiocre et comme endormie dans toutes les syphilides papuleuses, ne se réveille et ne devient efficace que quand leur processus, pour une raison ou pour une autre, les fait passer de l'état squameux à l'état érosif ou ulcéreux.
Toute la catégorie de ces lésions si profondément syphilitiques et si dangereuses par leur contagiosité, qu'on englobe sous la dénomination commune de plaques muqueuses, échappe à peu près complètement à l'influence de l'iodure. Pour être juste, il faut avouer que le mercure, lui non plus, n'a pas sur elles une grande prise. J'ai démontré, il y a bien longtemps, et je le prouverai encore plus loin, que ce foyer de contagion ne s'éteint qu'autant qu'on l'attaque vigoureusement, avec un traitement local, avec des cautérisations répétées.
II. On a reproché à l'iodure la superficialité et la courte durée de son action. On a soutenu que sa portée spécifique était infiniment moins soutenue que celle du mercure et qu'il n'allait pas aussi loin que lui fouiller dans les profondeurs de la diathèse pour en neutraliser ou en détruire les éléments générateurs.
Je suis loin de m'élever contre cette manière de voir, puisque je l'ai exprimée plusieurs fois pour mon propre compte. Mais ne fautil pas y apporter quelques restrictions? Qu'y a-t-il en effet de plus difficile à résoudre que le problème de ïaction préventive en général et de Y action préventive propre à chaque spécifique ? Les apparences à cet égard-là sont en faveur du mercure. Mais pourquoi? N'est-ce pas parce qu'il est appelé à combattre surtout des accidents qui sont par la force des choses destinés à disparaître? Les accidents secondaires, sans que nous en sachions la raison, ne durent pas éternellement. Il arrive un moment où ils sortent de la scène pour n'y plus revenir. Us ont fait leur temps, joué leur rôle ; et, s'il a été pour toujours interrompu, c'est à l'évolution qu'on le doit beaucoup plus qu'au mercure. J'accorde qu'il y contribue pour une grande part, mais n'allez pas du moins jusqu'il lui en attribuer tout le mérite.