‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 226 sur 610 · COMPARAISON ENTRE LE MERCURE ET L'IODURE · texte numérisé non relu

COMPARAISON ENTRE LE MERCURE ET L'IODURE

A cette échéance limitée de la période secondaire opposez l'échéance illimitée, indéfinie du tertiarisme, la fatalité de ses récidives, et vous avouerez sans peine qu'il n'y a rien d'extraordinaire à ce que l'iodure ne vienne pas aussi facilement à bout de cette disposition morbide permanente, que lo mercure de la disposition morbide transitoire propre à la phase virulente de la maladie.

Et ce qui prouve bien qu'il y a là un trompe-l'œil dont on a eu le tort de ne pas tenir assez compte, c'est que cette prétendue supériorité préventive du mercure décline à mesure qu'on s'éloigne du début de l'infection. Quand celle-ci est devenue constitutionnelle et diathésique, est-ce que le mercure, au point de vue préventif, n'a pas les mêmes défaillances que l'iodure? N'avons-nous pas tous les jours des exemples flagrants sous les yeux? Voyez les tertiaires traités exclusivement par les injections mercurielles massives : estce que leurs accidents ne récidivent pas tout autant que si on les avait traités avec l'iodure seul? Mais à quoi bon épiloguer sur ce sujet? Ne soyons pas exclusifs. Tirons de chacun de nos deux spécifiques tout ce qu'il peut donner comme efficacité spéciale , et ne nous égarons pas inutilement en des considérations subtiles et interminables sur la prévention, parce qu'elles sont forcément condamnées à rester presque toujours spéculatives.

III. S'il a été mis hors de doute par la pratique de tous les jours, depuis la découverte de l'iodure, qu'il est le spécifique par excellence du tertiarisme, tandis que le mercure est celui de la période secondaire, il n'en faudrait pas conclure que les indications de de l'un et de l'autre doivent, constamment et a priori, se subordonner au point de vue chronologique, dans l'ordre évolutif. Cet ordre est souvent troublé, ou bien par la prolongation anormale de la phase secondaire, ou bien par sa brièveté, sa suppression même, et l'apparition prématurée du tertiarisme. L'anomalie dans ce second sens est beaucoup plus fréquente que dans le premier.

Aussi peut-on dire qu'en général les perturbations cycliques de la syphilis sont plutôt justiciables de l'iodure que du mercure et agrandissent le domaine de son opportunité thérapeutique.

D'un autre côté, tout ce qui est étrange dans les manifestations de la maladie, tout ce qui sort de la spécificité banale et courante pour emprunter le masque d'états morbides voisins ou même éloignes, les métamorphoses symplomaliques, les phénomènes équivoques, indécis, parasyphililiques, toute la nombreuse catégorie des acri-

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