‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 227 sur 610 · INDICATIONS DE L'IODURE DANS LA SYPHILIS PRIMITIVE · texte numérisé non relu

INDICATIONS DE L'IODURE DANS LA SYPHILIS PRIMITIVE

dents plus ou moins extraordinaires qu'on peut supposer entachés de spécificité, relève plutôt de l'iodure que de l'hydrargyre et augmente le nombre de ses indications, sans restreindre toutefois celles du mercure.

Que le praticien se tienne donc en garde contre une dichotomie trop systématique dans l'emploi des deux spécifiques. Qu'il les ait sans cesse tous les deux sous la main, à chaque moment de la maladie, quels que soient ses modes, ses degrés, ses allures, ses tendances. Qu'il apporte dans leur maniement, comme doses, comme durée, une souplesse qui n'ait rien de capricieux et repose non pas seulement sur de grosses indications, mais sur de fines nuances d'indications, qu'une observation pénétrante, une analyse délicate sont seules capables de découvrir.

IV. J'ai pour principe de traiter par les spécifiques toutes les syphilis primitives dès que j'ai la certitude absolue que leurs lésions, et entre autres le chancre autour duquel gravitent toutes les autres, sont bien réellement le résultat d'une infection. Dans la très grande majorité des cas, je n'ai recours qu'au mercure, parce que la néoplasie initiale est résolutive comme les accidents secondaires. Mais lorsqu'elle est d'emblée ou qu'elle devient plus tard ulcéreuse, ulcéro-gommeuse, et à plus forte raison phagédénique, je ne me borne pas au mercure et j'administre aussi l'iodure de potassium. Il donne d'excellents résultats. Peut-être ne sont-ils pas aussi prompts ni aussi décisifs que dans les lésions tertiaires de même forme, mais ils n'en sont pas moins précieux.

Ils le deviennent de plus en plus à mesure qu'on se rapproche du moment où l'infection se généralise. On peut même affirmer qu'au début de la période secondaire, l'iodure développe la plénitude de son action curative, tout aussi bien qu'en plein tertiarisme, lorsqu'il se produit des troubles constitutionnels ou des lésions qui ne siègent ni sur la peau ni sur les muqueuses. Ainsi la fièvre syphilitique qui précède ou accompagne les symptômes secondaires, les céphalées nocturnes, les douleurs fixes ou irradiantes, toutes les formes d'algies sur la face, sur le crâne, le long des membranes, au niveau du sternum ou sur les côtes, les oppressions pseudo-asthmatiques, les sueurs profuses, les troubles organiques plus profonds d'où dérive une sorte de cachexie secondaire, les périostites, les ostéalgies, les myopathies, les arthralgies précoces; tout cet ordre d'accidents si curieux et sur la nature et la provenance desquels se

304 PU IN Cl PALUS INDICATIONS DU L'IODURK DANS LA SYPHILIS GÉNÉRALISÉE.

méprennent tant de médecins, tous ces phénomènes si fréquents chezles femmes, et qui résistent aux médications d'ordre commun, sont soulagés et guéris par l'iodure avec une rapidité qui lient souvent du prodige. En pareil cas, il est incomparablenx ni supérieur au mercure.

Faites un pas de plus dans le processus, avancez-vous jusqu'au cœur de la période secondaire, et là aussi, quoique vous soyez en plein dans le domaine thérapeutique du mercure, vous rencontrerez de nombreuses circonstances où l'iodure vous rendra des services. Il ne constituera pas le fond du traitement, il ne sera qu'accessoire; n'importe, vous aurez besoin de recourir à lui. Il serait trop long de décrire ici toutes ses indications durant cette période; on les trouvera, du reste, plus loin. Qu'il me suffise de dire qu'on doit administrer l'iodure chaque fois que les manifestations secondaire* ne restent pas exclusivement confinées sur la peau et sur le* muqueuses. C'est une règle générale que ma longue expérience me permet de donner comme un aphorisme thérapeutique.

On ne doit comprendre dans les manifestations tégumentaires d'ordre secondaire auxquelles je fais allusion que celles qui sont secondaires par leur lésion élémentaire (érythèmes, papules sèches) autant que par leur place dans l'évolution. Quant à celles qui. secondaires par leur date, sont tertiaires par leur lésion, c'esl-àdire tuberculeuses d'emblée, eclhymateuses, ulcéro-gommeuses, phagédéniques, eteonstituent les syphilite s malignes précoces g ru é ralisées, il saute aux yeux qu'elles relèvent surtout de l'iodure, puisqu'elles ne sont, en définitive, qu'un tertiarisme non circonscrit, survenu hors de saison. Mais, en pareille occurrence, si l'iodure prime le mercure, celui-ci ne doit pas être abandonné, et nous n'avons pas trop de nos deux spécifiques contre d'aussi graves éventualités.

Nous les employons tous les deux dans les manifestations qui servent comme de trait d'union entre la syphilis secondaire et la syphilis tertiaire. C'est la période où le traitement mi. rte trouve le plus grand nombre d'applications.

V. Si le champ d'action de l'iodure est moins étendu que celui de l'hydrargyre, en revanche les circonstances pathologiques qui l'indiquent sont plus nombreuses et surtout plus variées. Mais le vieux spécifique de la syphilis ne doit point être exclusivement limité aux accidents secondaires. Il trouve aussi d'utiles applications dans le tertiarisme externe et interne. J'y ai recours pour

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