‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 229 sur 610 · SUCCÉDANÉS DE L'IODURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

SUCCÉDANÉS DE L'IODURE DE POTASSIUM

Mais, au bout du compte, je ne vois aucun inconvénient notable à gratifier le mercure d'une suprématie sur l'iodurc, pourvu qu'on ne perde jamais de vue les indications fournies par les faits, et qu'on ne les fasse pas reposer sur des vues théoriques, où l'hypothèse occupe toujours une trop grande place.

Concluons en disant que, l'immense majorité des syphilis étant aujourd'hui superficielles et bénignes dans la plupart de leurs manifestations qui restent tégumentaires et ne vont pas au delà de la période secondaire, le mercure nous est beaucoup plus utile que l'iodure. Nous pourrions nous en passer plus difficilement que de ce dernier1.

i. Succédanés de l'iodure de potassium. — On a essayé d'autres iodures dans Je traitement de la syphilis. — Iodure de sodium : moins énergique que celui de potassium ; mais, en revanche, beaucoup mieux toléré par les muqueuses. On le recommande contre l'artério-sclérose de toute provenance. — Iodure d'ammonium, trop prôné par Gamberini qui le place au-dessus de tous les autres; moins irritant qu'eux, il exercerait, à dose moindre, une action thérapeutique plus profonde. L'iodure de sodium et l'iodure d'ammonium pourraient se donnera la même dose que l'iodure de potassium ; mais il ne faut employer que les doses faibles ou moyennes. M. Hutchinson les réunit tous les trois dans la même formule. Quand les malades ne peuvent pas tolérer l'iodure de potassium, je le remplace par celui de sodium, bien qu'il soit moins actif. C'est le meilleur succédané de l'iodure potassique.

Le docteur Guillemain a montré que l'iode peut être utile dans le traitement de la syphilis, comme l'avaient dit avant lui Lugol et Cullerier. La solution qu'il propose est :

Ifi Eau distillée 1000 grammes.

Teinture d'iode au 10° o —

Deux à trois cuillerées à bouche, matin et soir, avant les repas.

L'iode est très inférieur à l'iodure de potassium. — Iodoforme : préconisé par Zeissl, Berkeley-Hill, contre la glossite tertiaire, les névralgies syphilitiques, etc. Très inférieur aussi à l'iodure de potassium, moins toléré et même toxique. Il a été employé pour la première fois en injections sous-cutanées par M. Bozzi, en 1871, contre des douleurs ostéocopes nocturnes accompagnées d'une fièvre périodique qui avaient été traitées sans résultat par de fortes doses de quinine. Deux injections contenant chacune 9 centigrammes d'iodoforme suspendus dans de la glycérine lurent faites, à un intervalle de 9 jours. Amélioration marquée après la première, disparition complète des accidents 2 jours après la seconde. Chaque injection fut suivie d'un abcès. M. Neumann employa aussi, en 1882, les injections hypodermiques d'iodoforme et n'en fut pas très satisfait. — Mracek injecta, en 13 jours, 6 grammes d'iodoforme suspendus dans de la glycérine ; les résultats thérapeutiques ne furent pas brillants. L'iode apparut promptement dans l'urine et n'en disparut qu'au boni de 40 jours. — M. Thomann s'en est montré plus satisfait. Il commençait par la dose de 30 centigrammes el la portait jusqu'à 7îi. L'iodoforme était suspendu dans de la glycérine, mais préférablement dans de l'huile d'amandes douces et il ne causait que peu d hyperémie sous-cutanée. M. Thomann a conclu de ses recherches : I" que dans la syphilis tertiaire l'iodoforme exerce une influence favorable sur le processus de guérison ; 2" que de fortes doses raccourcissent la durée du traitement; que l'iode se retrouve dans les urines 43 jours après la cessation des injections et que le remède a une longue portée sur tout le

Page 1