IDÉES DE JOHN HUNTBR SUR LE TRAITEMENT- DE LA SYPHILIS
IL Le mercure était à la veille de perdre du terrain et de subir encore une fois un redoutable assaut, lorsqu'il sembla monter au faite des honneurs, comme spécifique dans le traitement de La syphilis, vers la fin du dix-huitième siècle. C'est à John Hunter qu'il en fut redevable. Ce médecin de génie doit être, malgré ses erreurs, rangé au nombre des plus grands syphiliographes. Personne n'a plus contribué que lui à créer l'expérimentation physiologico-pathologique. Il y eut recours pour établir sur cette base solide les diverses espèces de maladies vénériennes. Le hasard le trahit et son courage tourna contre lui. Voici comment : il s'inocula un pus qu'il croyait être exclusivement blennorrhagique. Malheureusement ce pus provenait d'un sujet qui avait, en même temps que la blennorrhagie, un chancre du méat. Aussi un chancre infectant et la syphilis consécutive furent-ils le résultat de cette néfaste tentative. Hunter en conclut qu'on avait eu raison de considérer la blennorrhagie et la syphilis comme deux maladies sœurs, produites parle même virus. Toutefois, dans la pratique, le mercure, qu'il trouvait si puissant contre les chancres et surtout contre la syphilis constitutionnelle, était fort peu efficace dans la blennorrhagie. De ce côté-là, le mercure perdait chaque jour du terrain. Il était sur le point d'être à peu près complètement abandonné dans le traitement du chancre mou et du catarrhe spécifique de Furèthre.
Hunter proclama bien haut que ce métal avec ses composés était le grand spécifique de la syphilis constitutionnelle; qu'entre toutes les préparations, celles qui agissent le plus vite sont celles que l'on prend à l'intérieur, l'intestin étant la surface d'absorption la plus active; mais que la méthode du traitement par les frictions est la meilleure, parce qu'elle permet de faire un traitement plus prolongé sans fatiguer l'estomac. Il conseillait de cesser l'administration du mercure quand les accidents ont disparu. Cependant il acceptait la reprise du traitement dans les récidives. Pour Hunter. le mercure était un contre-irritant qui subjuguait l'irritation vénérienne par une vertu spécifique et indépendamment de ses effets physiologiques et pathologiques sur les sécrétions, par exemple, sur la salive, les sueurs, l'urine, et même les sécrétions intestinales, etc. Les préparations mercuriclles agissaient comme le mercure en nature. La meilleure était la plus solublc. Les topiques mercuriels devaient être la base du traitement local, car ils guérissaient directement les ulcères aussi bien que le fait le mercure pris à l'intérieur. Le gaïac n'était pas inefficace; il êtaii bon de l'associer au mercure, ainsi que