CHEZ LES ANÉMIQUES ET LES PLÉTHORIQUES
qui, pour être commune, est loin cependant de se révéler toujours par des signes positifs? La mode, pour ne pas dire la routine, ne conduit-elle pas à appliquer d'une façon banale une médication, fort utile quand elle est formellement indiquée, mais qui peut devenir nuisible si on la prodigue à tort et à travers? Pour ma part, je ne vois pas aussi souvent qu'on le dit la nécessité d'administrer du fer et du vin de quinquina.
Bien loin de là, il y a des cas, où il est utile et parfois indispensable de prescrire un régime sévère et même la diète. Chez les pléthoriques, par exemple, qui ont un sang trop abondant, trop riche, qui tombent dans une sorte de dyscrasie hyperhémiante, par les excès d'une nourriture trop succulente, etc., ne faut-il pas agir ainsi? C'est en pareille occurrence qu'il serait bon de recourir au traitement arabique mitigé. Ce traitement a joui d'une grande célébrité autrefois, peut-être en a-t-on trop aisément adopté un tout contraire. Il consistait à se nourrir pendant quarante jours exclusivement de pain sec ou de biscottes, d'amandes, de noix, noisettes, figues et raisins secs, et, en outre, à ne boire que de l'eau pure. Aucun médicament ne devait être pris pendant ces quarante jours. Ce traitement donnait parfois de très beaux résultats, quand on avait le courage de le supporter jusqu'au bout.