‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 245 sur 610 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Traitement des maladies constitutionnelles et dyscrasiques chez les syphilitiques. — Traitement auxiliaire de la syphilis chez les scrofuleux, chez les arthritiques et les herpétiques, chez les paludéens, les cardiopathes, les néphropathes, les diabétiques, les phtisiques, les cancéreux, etc.

Il arrive souvent que la syphilis atteint des personnes qui étaient déjà sous l'influence d'une autre maladie constitutionnelle, telle que l'arthritisme, la dartre, la scrofule, pour ne parler que des principales. Il importe alors de faire entrer en ligne de compte, dans le traitement, les indications que fournissent ces états morbides généraux. S'ils ne sont qu'à l'état latent, s'ils n'ont pas donné signe de vie depuis longtemps, on no dirigera contre eux aucune médication. A plus forte raison, nous en abstiendrons-nous si nous ne faisons que les soupçonner. — Mais lorsqu'ils ont été mis en éveil parla syphilis et que leurs manifestations s'ajoutent à celles de cette dernière

INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES FOURNIES l'Ait LA SCROFULE

maladie, n'hésitons pas à les combattre. Là encore, comme pour les anémies, la cachexie chloro-neurasLlionique, etc., il n'existe aucune incompatibilité entre la médication antisyphilitique et la médication auxiliaire et latérale.

I. Chez les personnes qui étaient scrofuleuses avant la syphilis ou qui, sous son influence, le deviennent et subissent les manifestations de celte maladie constitutionnelle restée latente jusqu'à ce moment, la médication spécifique est indiquée comme chez les sujets sains. Le mercure, contrairement à ce qu'on pourrait supposer, n'est point nuisible, et il exerce son action curative avec la même efficacité que dans les conditions ordinaires. Il n'attaque point l'élément scrofuleux des lésions, mais il ne l'aggrave pas non plus.

Toutefois l'iodure de potassium a sur lui une supériorité incontestable dans la scrofulo-syphilis. Sans être un spécifique des accidents strumeux, il ne reste pas inerte contre eux autant que le mercure; il les modifie même souvent d'une façon avantageuse. Aussi est-il formellement indiqué dans tous les cas où l'économie est fortement imprégnée du vice scrofuleux. Il l'est d'autant plus qu'il s'associe ordinairement d'une façon très heureuse aux médications antiscrofuleuses.

Ces médications, mal délimitées et sans spécificité nettement tranchée, n'en sont pas moins des auxiliaires puissants qu'il ne faut pas négliger. L'huile de foie de morue à haute dose est un alimentremède qu'on doit toujours prescrire dans les adénopathies syphilitico-strumeuses, clans les gommes d'une nature mixte qui tiennent autant de la scrofule que de la syphilis, et bien plus encore dans celles dont la nature scrofuleuse est mise en lumière par leur résistance à l'iodure de potassium. La teinture d'iode est aussi une excellente préparation qui s'adresse aux deux éléments diathésiques de la maladie. Enfin, les ferrugineux, les amers, les toniques sous toutes les formes entreront aussi pour une large part dans le traitement auxiliaire, etc.

II. Les diathèses darlreuses, herpétiques et arthritiques qui sont si étroitement unies qu'on pourrait à la rigueur n'en faire qu'une seule, Yartkrilimie, dont le domaine est démesurément vaste et presque illimité ; ces états morbides complexes se rencontrent très fréquemment chez les syphilitiques. C'est à eux qu'il faut attribuer un grand nombre de manifestations équivoques qui surviennent hors de saison et prolongent, pat exemple, indéfiniment la période

Page 1