ACTION CURAT1VK DUS BAINS D'AIR ET DE VAI'EUR
Taylor, c'est que les lésions externes ne sont que déplacées et poussées vers d'autres parties de l'économie, vers les viscères, le cœur, les artères, le cerveau, etc. Aussi ce procédé ne devra-l-il jamais être adopté comme une méthode de curation, car il peui devenir préjudiciable et môme dangereux. On peut cependant y avoir recours dans certains cas, mais modérément cl avec précaution, pour venir en aide au traitement méthodique, général et local de la syphilis. »
Aujourd'hui nous ne demandons, le plus souvent, aux bains simples qu'une action locale émollientc qui ne dépasse pas les limites du tégument externe, et n'a point la prétention de modifier, dans un but curatif, les opérations élémentaires de la nutrition. Avec eux cependant on peut aller au delà. Que faut-il pour les faire sortir de leur rôle modeste et pacifique? En élever la température. Du moment qu'on la porte à un degré qui dépasse la moyenne ordinaire, on entre dans un autre ordre d'effets thérapeutiques, car on vise alors plus encore la diathëse que ses manifestations cutanées.
Pour obtenir ces résultats, les bains d'air chaud et les bains de vapeur sont très supérieurs aux bains d'eau simple. Nous n'y avons pas recours clans la pratique courante, quand il ne s'agit que de syphilis bénignes, à déterminations superficielles résolutives et faciles à guérir. Mais dans celles qui sont graves, rebelles à la médication spécifique, toujours en récidive, et à plus forte raison dans celles où la malignité se révèle à n'importe quelle époque du processus, sous un ou plusieurs de ses modes si variés et si multiples, il est certainement indiqué de faire appel aux modifications heureuses que peut produire la chaleur dans ce mouvement de vie infectieuse qui emporte l'organisme aux pires éventualités.
N'est-ce pas ainsi qu'agissaient les anciens syphiliothérapeutes? On a vu quel rôle important jouaient i'étuve et les bains de vapeur dans les traitements dépuratifs et mcrcuriels intensifs qu'ils instituaient systématiquement contre toutes les syphilis si graves à celle époque. La balnéation était alors un secours puissant. On ne la considérait que comme un accessoire; mais, par le fait, c'est h elle que revenait en grande partie l'honneur des guérisons qu'on attribuait aux décoctions dépuratives.
La dérivation éliminatrice qu'on obtient par l'intermédiaire d'une diaphorèse abondante, au moyen de la chaleur sèche ou humide, est incontestablement salutaire. Je ne veux pas dire qu'elle «xpulsc le principe infectieux. Au surplus, pourquoi pas? Nous n'en
A TEMPÉRATURE THÉS ÉLEVÉE, SUR LA DIATHÉSE SYPHILITIQUE. 34î>
savons rien. Mais il n'est pas douteux, que comme Loutes les grandes perturbations susceptibles de remuer l'organisme et de rompre l'enchaînement de ses opérations morbides, les sueurs profondes peuvent être pour lui une délivrance momentanée. Et puis ne permettent-elles pas d'augmenter la dose des spécifiques et de l'élever aisément jusqu'au degré intensif ? N'accélèrent-elles pas leur circulus à travers tout l'économie, etc., etc.? Raisonnez sur cette question autant qu'il vous plaira. Elle a toujours été un thème favori pour les théoriciens. Il n'en est pas moins vrai que le traitement au moyen des sudations forcées peut, dans quelques circonstances, donner d'excellents résultats. Il ne se borne plus alors à être seulement topique ; il s'adresse directement à l'état diathésique. Il vient si activement en aide à la médication spécifique pour augmenter son énergie, ou revivifier ses effets curatifs, qu'il .en fait pour ainsi dire partie intégrante et se place presque au même rang qu'elle dans la hiérarchie thérapeutique.