CHAPITRE II
Bains médicamenteux. — Bains et lotions de sublimé. Bains électriques au sublimé. — Bains de vapeur au calomel. Fumigations locales au calomel. — Bains de sel marin et bains de mer.
Bains arsenicaux.
I. Parmi les bains médicamenteux employés dans le traitement de la syphilis, ceux qui contiennent du sublimé sont à peu près les seuls auxquels on ait recours dans la pratique ordinaire. Ils avaient autrefois une grande vogue ; ils l'ont un peu perdue. Néanmoins ils rendent quelques services dans un assez grand nombre de dermopathies. Ce sujet a été traité précédemment (p. 134) et je n'ai pas besoin d'y revenir. On n'est pas encore édifié sur la portée et le mode de leur action curative. N'agissent-ils que localement ? Le sublimé pénôlre-t-il à travers la peau dans l'organisme? Diday a cité le cas d'un médecin qui put prendre des bains quotidiens prolongés contenant chacun 100 grammes de sublimé, c'est-à-dire cinq fois environ la dose ordinaire, sans que le mercure fût jamais retrouvé dans l'urine, dans la salive ou dans les sueurs, et sans qu'il en résultât aucun phénomène de toxicité hydrargyrique.
Assurément il n'en serait pas de même si la peau présentait des dénudations multiples. La dose de 25 grammes par bain pourrait
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donner lieu à des stomatites graves ou autres symptômes plus ou moins sérieux d'hydrargyrisme. C'est donc un moyen incertain et périlleux qu'il ne faut pas prescrire légèrement. Je conseille do le réserver pour les dermopathies sèches qui sont réfractai n-s au traitement interne et ont de la tendance à s'éterniser sur le même lieu ou à se reproduire çà etlà indéfiniment1.
En pareil cas et lorsqu'il s'agit d'éruptions limitées, au lieu de prescrire de grands bains de sublimé, on pourrait se borner à des applications locales. Une solution de 5 à 10 centigr. de sublimé dans 50 grammes d'eau donne souvent des résultats favorables, lorsqu'on panse, avec des compresses ou du coton qu'on en a préalablement imbibés, des placards de papules ou de tubercules secs, des onyxis, etc.2.
Parmi les procédés curieux et peu ordinaires de la balnéation mercurielle, il faut citer les bains électriques au sublimé inventés par MM. Ehrmann et Gaertner. Ces bains contiennent 4 grammes de sublimé. On facilite la pénétration de ce sel dans l'organisme au moyen d'un courant électrique dont l'intensité est de 200 milliampères. Ces bains sont donnés tous les jours ou tous les deux jours ; leur durée est d'une demi-heure, bien que le courant électrique ne dépasse pas 15 minutes. Yoici quelles sont les conclusions de ces expérimentateurs :
« Nos expériences nous autorisent à croire que ce nouveau procédé d'introduction du mercure dans l'organisme trouvera une importante application dans la thérapeutique. Ses avantages sont les suivants : 1° l'introduction du mercure a lieu par la peau, comme dans l'inonclion et l'injection, évitant ainsi le canal digestif et le foie où le métal s'accumule ; 2° l'absorption du mercure a lieu presque par toute la surface
i. Voici la formule de bain de sublimé, conseillée pour la première fois par Beaumé, en 1770 :
If, Deutochlorure de mercure 20 grammes.
Alcool à 90" a0 —
Eau distillée 200 —
Versez dans une baignoire en bois ou émaillée contenant une quantité d'eau suffisante pour un bain de corps. On augmente successivement la dose; on peut la porter à 50 grammes. — Bains à doses progressives de 4 grammes jusqu'à 32, en augmentant de 2 grammes tous les deux bains (Devehgie).
M. Detmold recommande une solution de 10 centigrammes de sublimé dans 32 grammes d'eau, avec la moitié de laquelle le palienl devra se lotionner vigoureusement les extrémités matin et soir. Les résultats de ce traitement seraient, parait-il, égaux ou supérieurs à ceux que donnent d'autres procédés. N'est-ce pas ce qu'on dit toujours? Ces lotions n'irritant pas la peau ne produisent, jamais de salivation et rarement quelques crampes d'estomac [ÛiagtUi&is und treatemerlt of Syph., Med. News, 1884).