‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 263 sur 610 · BAINS DU VAPEUR AU CALOMEL GÉNÉRAUX ET LOCAUX · texte numérisé non relu

BAINS DU VAPEUR AU CALOMEL GÉNÉRAUX ET LOCAUX

cutanée, et il est possible que le mercure exerce une action locale sur les germes contenus dans la peau; 3° la quantité de mercure introduite est proportionnelle à l'intensité et à la durée du courant, ce qui permet de doser exactement cette quantité; 4° la méthode est indolore et sans danger; de plus, elle n'est pas salissante.

Nous avons entrepris une série d'expériences thérapeutiques sur ce sujet et nous poursuivrons nos recherches en expérimentant avec d'autres substances, le fer en premier lieu. » ( Voy., pour plus de détails, Sem. méd. 1889 et 1890.)

Ce mode de balnéation médicamenteuse est d'une technique si compliquée qu'il ne deviendra jamais usuel et restera un ingénieux procédé d'expérimentation chimico-pkysiologique.

II. Les fumigations, comme méthode de traitement général, sont à peu près abandonnées partout. Je ne reviendrais pas sur ce que j'en ai dit, si elles n'avaient encore une certaine vogue en Amérique, associées aux bains de vapeur. L'appareil de Thomas F. Maury (de Memphis) est le plus employé pour les donner.

Il vaporise en même temps, dans deux récipients séparés, de l'eau et du calomel, au moyen de deux jets de gaz ordinaire. Le malade, tout nu, est enveloppé dans des couvertures ou une toile de caoutchouc doublée de flanelle, qui lui recouvrent le corps jusqu'au cou. Au-dessous est placé l'appareil. En quelques minutes, la transpiration se fait et le mercure vaporisé est déposé sur toute la peau. Quelquefois on laisse une petite ouverture sous le menton pour que les vapeurs mercurielles s'échappent et soient respirées. Au bout de 20 à 30 minutes, on éteint l'appareil et le malade est mis sur un lit, enveloppé dans les étoffes qui ont servi pour le bain. On évite autant que possible d'enlever par le frottement, quand on s'habille, les particules de mercure déposées sur la peau. Ces bains ne seront jamais pris que deux heures au moins après les repas, et préférablement le soir, avant de se mettre au lit. Les malades doivent s'interdire les alcools. S'ils éprouvaient beaucoup de fatigue et de malaise ou bien des maux de tête après chaque bain, on diminuerait la quantité de calomel. Il faut avoir soin d'entretenir la liberté du ventre par de légères purgations si c'est nécessaire. Un bain tous les deux jours, quelquefois tous les jours. On a recours aux vapeurs mercurielles dans les syphilides rebelles secondaires ou tertiaires, les névralgies, les rhumatismes spécifiques. Ils sont conlre-indiqués s'il existe une disposition eczémateuse. On les emploie surtout à titre d'adjuvants pour la médication générale.

La méthode des fumigations mercurielles locales est plus employée que ln précédente aux États-Unis. Le Dr S. Smith, qui les a préconisées non seulement dans les syphiloses de la peau, mais aussi dans celles des lèvres, de La bouche, de la gorge et des narines, emploie l'appareil de Kane. Cet appareil consiste en un tube de verre renflé à son milieu. C'est

BA.LNËATION SALINH ET THAUSSIQIK.

là, qu'on dépose le calomel (2.ri à :>(J conligr. ,. On le vaporise avèc uoe lampe à l'alcool, et, pendant ce temps-là, on pousse a travers Le tube, au moyen d'un jeu de houles en caoutchouc un courant d'air qui projette sur les parties malades la vapeur mercurialisée et y dépose une mince couche de calomel. Ces fumigations partielles, lorsqu'elles sont faites avec prudence, ne causent aucune douleur, môme sur les surfaces très sensible-, s Je les regarde, dit M. li.-W. Taylor, comme un moyen thérapeutique très efficace, et j'ai obtenu d'excellents résultats de leur application. Elles sont utiles dans la syphilis héréditaire aussi bien que dans la syphilis acquise, lorsqu'il y a des ulcérations rebelles et du phagédénisme secondaire ou tertiaire. On peut aussi volatiliser l'iodoforme de cette façon et en retirer de grands avantages dans toutes ces sortes de lésions. »

III. Les bains de sel marin sont certainement médicamenteux'. Quoiqu'ils ne soient pas d'un usage courant dans le traitement de la syphilis, on pourrait y avoir recours chez les personnes affaiblies, en particulier chez les enfants malingres atteints de syphilis héréditaire ou acquise. Liebreich a démontré que quand le mercure agit lentement ou cesse d'agir, on peut revivifier son action curative ou la lui rendre au moyen d'une nourriture fortifiante très assaisonnée de sel marin.

Les bains de mer, sans avoir une influence élective sur telle ou telle manifestation de la syphilis, doivent être recommandés chez ceux que l'infection a débilités ou cacheefisés. Ils l'attaquent non pas d'une façon directe et immédiate, mais, ce qui vaut tout autant, par l'intermédiaire de l'organisme. Le changement d'air et d'habitudes contribue sans doute au relèvement des forces chez les personnes épuisées ou surmenées autant que l'eau de mer. Toujours est-il que dans de vieilles syphilis qui restent insensibles à l'action du mercure, une saison à la mer produit quelquefois en très peu de temps une tonicité générale qui remet l'économie à point pour bénéficier du traitement hydrargyrique.

Il faut toutefois user de la balnéation thalassique avec beaucoup de prudence chez les sujets nerveux, mal équilibrés ou menacés du côté des voies respiratoires. Au lieu de prendre des bains de lame, ils.feraient mieux de se borner à des bains de mer chauds. En général la chaleur, sous quelque forme que ce soit, est préférable au froid dans le traitement de la syphilis2.

1. Bain de sel marin: 3 ou 4 lui. de sel marin. — Bain de mer artificiel : sel gris, 8 kil. ; sulfate de soude, 4 kil.; chlorure de magnésium, 3 kil. ; chlorure de calcium, 700 gr. — linina au sel de thalasse ou Eau-Mère concentrée (i ou 2 kil.

par bain).

2. Chez des patients qui prenaient quotidiennement, sur la plage, des bains

Page 1