BALNÉATION ARSENICALE DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS
Cependant les douches froides en pluie ou en jet sont quelquefois d'un grand secours. Mais tous les moyens de balnéation appartiennent plutôt à L'hygiène qu'à la médication syphilitique proprement dite.
IV. Je n'en dirai pas autant des bains arsenicaux. L'arsenic, sans avoir la haute spécificité du mercure et de l'iodure, en possède une contre certaines déterminations de la syphilis. — N'est-il pas indiqué dans toutes celles où l'herpétisme et les dartres viennent prendre une part? Dans combien de dermopathies nées sous l'influence de la syphilis ne voit-on pas l'élément spécifique s'atténuer peu à peu, et même presque disparaître à la longue, pour être remplacé par un élément herpétiforme ou dartreux? Ces dermopathies finissent par devenir absolument insensibles au mercure. On se trouve bien de les attaquer avec l'arsenic. Il entrait dans beaucoup de vieilles préparations très réputées contre la syphilis. Outre son action directe sur certaines manifestations cutanées de nature équivoque, il a l'avantage d'être tonique et reconstituant. Je me suis souvent bien trouvé de prescrire des bains arsenicaux1 dans de vieilles syphilides sèches, squameuses, papuleuses ou papulo-tuberculeuses, qui s'immobilisaient malgré l'hydrargyre.
Notre station thermale de La Bourboule, qui a une si grande vogue depuis quelques années et qui occupe incontestablement le premier rang parmi les thermes arsenicaux, peut rendre de grands services dans le traitement de la syphilis. Elle réunit au plus haut degré tout ce que contient de puissance thérapeutique la médication arsenicale. Aussi compte-t-elle dans sa clientèle un grand nombre de syphilitiques présentant les conditions morbides mixtes que je viens d'indiquer.
chauds d'eau de mer, M. R.-W. ïaylor a pu employer, pour des frictions, une quantité de mercure très supérieure à celle qu'ils étaient capables de tolérer étiez eux. — Mais les conditions hygiéniques favorables qu'implique un séjour au bord de la nier ne prennent-elles pas une part aussi grande que la balnéation llialassique à cette tolérance? Tout ce qui fortifie la santé favorise cette tolérance: séjour à la campagne, distractions, quinine (Dymnicki), sirop d'ioclure de fer (SghwimmEr), etc.
1. Les bains arsenicaux s'obtiennent en faisant dissoudre de I à 3 grammes d'arséniate de soude dans un bain d'eau, sans baignoire spéciale. Guéneau de Mussy, qui les employait beaucoup, ne dépassait pas cette dose. Il ajoutait souvent, à ce bain, suivant les indications, 100 grain nies de sous^carbonate de soude. On petit aller jusqu'à 8 ou 10 grammes d'arséniate de soude par bain.
LE SOUFRE N'EST PAS UN ANTISYl'HILITIQUE.
CIIAPITRK III
Valeur du soufre dans le traitement de la syphilis. Il ne possède contre elle aucune propriété spécifique. — Emploi des sulfureux à l'intérieur. — Bains sulfureux artificiels. Grande supériorité de la balnéation thermo-minérale naturelle. Causes de son efficacité.
I. Parmi les agents médicamenteux qui, en dehors des deux spécifiques et sous une forme ou sous une autre, sont associés à tous les modes du traitement de la syphilis, il n'en est peut-être aucun qui ait eu plus de réputation que le soufre comme désinfectant et comme parasiticide. Mais déjà depuis bien des années il a été supplanté par une infinité d'autres agents plus actifs, plus pénétrants que lui, qui vont attaquer les microbes dans les profondeurs de l'organisme. Lui triomphe contre les tribus vulgaires des gros parasites cutanés qui ne sont pas les plus dangereuses.
Qu'on n'en parle donc pas comme microbicide dans le traitement de la syphilis. Ses panégyristes les plus lyriques ne poussent plus jusqu'à ce point extrême l'exagération de leur enthousiasme. Même dans les eaux thermales où il règne en souverain, on ne lui reconnaît plus cette puissance mortelle ou neutralisante contre le principe de l'infection syphilitique. A quoi sert-il alors? A tonifier, revivifier, reconstituer les organismes qui n'ont pas pu, à eux seuls ou avec le secours des spécifiques, se débarrasser de cette infection, ni en prévenir ou en diminuer les conséquences les plus dangereuses. Il vient au secours de ces pauvres malades en détresse. N'est-il pas parent de l'oxygène, de l'azote, du phosphore, du carbone, qui, dans les effrayants abîmes du passé, au sortir du chaos cosmique, constituèrent le plasma primordial d'où naquit la vie organique, cl dont elle s'empara pour le façonner, depuis l'insondable origine des êtres, avec une si prodigieuse fécondité morphologique?
Mais qu'importe tout cela? Tant de beaux litres de gloire, donl il pourrait être fier, s'il en avait conscience, ne lui confèrent aucun avantage réel dans le traitement de la syphilis. A-t-on jamais tenté sérieusement de combattre avec lui seul le principe syphilitique en l'administrant à l'intérieur, ainsi quêtant d'autres substances minérales <tu végétales? Ce n'est poinl Comme remède interne qu'il rend