‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 275 sur 610 · PÉRIODES DE LA SYPHILIS LES PLUS PROPRES À LA CURE MIXTE · texte numérisé non relu

PÉRIODES DE LA SYPHILIS LES PLUS PROPRES À LA CURE MIXTE

qu'ils se sont infligée à eux-mêmes pendant des années. Les thermes sulfureux sont souverains pour les guérir. Le fait a été mis hors de cloute par de nombreuses observations.

II. D'après ce qui précède, on voit que la cure mixte dans laquelle la halnéation thermale, quelle qu'elle soit, occupe une si grande place, ne trouve son opportunité que clans des syphilis arrivées à une période avancée de leur processus. Ce n'est ordinairement qu'après la deuxième et la troisième année qu'on a besoin d'y recourir1. Les guérisons qu'on obtient par elles, dans ces cas qui

1. Tous les médecins d'eaux ne sont pas de cet avis. M. le Dr Ferras, médecin à Luchon, est un de ceux qui préconisent le plus l'emploi des eaux thermales sulfureuses à une époque rapprochée du début de la syphilis. En 1883, il a lu sur cette question un mémoire intéressant. Voici une note que ce médecin très expéri inenté a bien voulu me communiquer :

« Nos observations de sujets atteints, seulement, de 3 à 6, 12 mois, chez lesquels la médication spécifique ne pouvait enrayer un début menaçant, ont démontré: qu'une médication sulfurée, naturellement appropriée à chaque cas, n'avait que des avantages. — Ces malades, de vingt à quarante ans, étaient porteurs, les uns d'accidents superficiels cutanés ou des muqueuses, mais déjà avec état général mauvais; d'autres présentaient des lésions gommeuses au sixième mois de l'infection ; quelques-uns pouvaient à peine tolérer de l'aibles doses de mercure; aussi, leur état allait s'aggravant. Nous en avons vu certains, de cinquante à soixante ans, alcooliques ou grands fumeurs, infectés également depuis peu, et atteints de lésions multiples, de la face en particulier, où des papules géantes donnaient l'aspect léonin des lépreux, accusant de plus des ulcérations graves de la bouche remplie de salive sanieuse. — Ces divers malades ont retiré de la médication sulfurée, associée au traitement hydrargyrique et ioduré, de rapides et remarquables bienfaits. — 11 faut donc ne pas larder de recourir à cet adjuvant précieux du traitement habituel de la syphilis:

« 1° Toutes les fois que les préparations hydrargyriques ne sont pas très bien tolérées.

h T Lorsque, quoique bien tolérées, elles ne produisent pas l'effet attendu.

« 3" Quand des accidents sérieux, précoces, font redouter une infection maligne, soit que le terrain soit propice à l'agent infectant, soit que celui-ci paraisse avoir une virulence particulière, ou qu'il ait été introduit, peut-être, a une dose inaccoutumée; ou qu'il soit entré par un point spécial, comme la région de la face. On sait combien les inoculations accidentelles à la face ont une gravité exceptionnelle dans les cas de rage, charbon, etc. En serait-il de même dans la syphilis?

« 4" L'obligation de recourir vite à cet adjuvant du mercure s'impose encore lorsque l'âge du sujet ou l'usure des forces réclament une prompte intervention pour revivifier le terrain organique.

« Km dehors de ces cas sollicitant l'addition du soufre drs le début des accidents, il sera utile, dès la deuxième année, de faire une cure thermo-sulfurée, qui devra êLre renouvelée une ou plusieurs fois, afin d'aider l'organisme à se débarrasser, le plus possible, d'une infection si générale et si tenace, que les cas de syphilis double sont encore à démontrer. — S'il était besoin d'uni! preuve de l'action locale et générale adjuvante des eaux sulfurées, on la retrouverait dans cette réparati on si rapide de vastes et profondes ulcérations, consécutives a dès tubercules, à des gommes, coïncidant avec un remontenient notable des forces; et cela, chez des malades riches, recevant antérieurement des soins éclairés, dans des conditions les plus favorables, mais cependant impuissantes

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