EXAGÉRATIONS SUR L'EFFICACITÉ HT LA PORTÉE CURATIVE
devieniicnl de plus en plus exceptionnels, a fait .supposer que Le traitement thermal en avait tous les honneurs. On a môme été jusqu'à dire qu'il était réellement spécifique et que le mercure n'était que son auxiliaire. Un pareil paradoxe a été soutenu pour les eaux sulfureuses. Mais ce qui le rédui t à néant, c'est que beaucoup d'autres thermes que les sulfureux collaborent efficacement avec l'hydrargyre et l'ioclure à la guérison, sans qu'il vienne à l'esprit de personne que les principes minéraux si variés qui les constituent soient eux aussi des spécifiques. A ce compte, les spécifiques seraient innombrables, tandis que nous ne sommes parvenus jusqu'à présent à en découvrir que deux après quatre siècles de syphilis en Europe, et le dernier, l'iodure, bien tardivement, il y a soixante ans.
C'est depuis peu qu'on commence à ne plus voir dans les eaux thermales une panacée possédant des vertus curatives précises, directes, immédiates, contre cette infection. On finira par se débarrasser de ce préjugé. Retranchez du traitement thermal, chez les malades en puissance de syphilis active, les mercuriaux et l'iodure de potassium, et vous verrez s'ils feront long séjour dans n'importe quelles stations, même dans celles qui sont les plus renommées pour leurs cures antisyphilitiques.
Un autre préjugé qui expose à bien des désillusions est celui qui accordait aux eaux minérales une influence préservatrice de très longue portée contre les atteintes futures de la maladie. Il n'y a, dans la part qu'elles prennent à la guérison, rien qui soit plus radical, plus définitif qu'avec les autres moyens adjuvants. Les malades qui en ont retiré quelque bénéfice auraient tort de s'endormir dans une sécurité trompeuse. La plupart apprennent à leurs dépens, quand ils renoncent à tout traitement spécifique ultérieur, qu'il ne suffit pas, pour sauvegarder l'avenir, de s'en remettre à la chimie mystérieuse de la nature ni aux puissances curatives inimitables et
a hâter la guérison. — Les atteintes de la syphilis sur le système nerveux réclament encore plus impérieusement l'intervention du soufre ; car, ici, les lésions peuvent être vite irréparables, si elles ne sont enrayées à l'époque où la médication a encore prise sur elles.
« Nous signalerons, en particulier, le tabès à son début, à sa période préataxique, alors que l'organisation scléreuse des parties cérébro-spinales atteintes n'est pas définitive. — Enfin, que la syphilis menace le système nerveux ou atteigne, par une manifestation ulcéreuse grave, un orgiiuc, une région, comme celles du nez, voûte ' palatine, pharynx, abus qu'il faut recourir aux doses massives de l'agent spécifique, nous conseillerons l'usage, sur place, des eaux sulfurées, qui faciliteront et renforceront la médication spéciale, en ajoutant leur action propre sur l'état général. — Celui-ci, réagissant à son tour, rendra plus efficaces les remèdes internes et les soins locaux, »